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SERENDIPITY

Poétique de l'effacement : sur Selon toute vraisemblance de Laurent Graff - une lecture critique de Stéphane

29 Mars 2010, 23:37pm

Publié par Seren Dipity

Les gens ne lisent pas beaucoup de receuils de nouvelles. Ils leur reprochent leur brièveté (un comble) ou leur manque d'ampleur (une connerie, y a pas d'autres mots - j'ai cherché) A ceux qui justifient leur refus de la nouvelle par le recours au roman, ils se trompent. S'il faut chercher une filiation à la nouvelle, c'est plus du côté de la poésie qu'il faudrait creuser.
La nouvelle aime l'économie contrairement au roman. Faudrait chercher si, historiquement, la surenchère ne vient pas de la sérialisation du roman au XIXème siècle. Le roman-feuilleton a sans doute un peu contaminé le genre (l'argent aussi : plus épais, plus de gain -

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 voyez Jacq, Gallo etc). Bref, j'ai pas le temps pour chercher. Si quelqu'un a un début de réponse, je suis preneur.

Laurent Graff ne pratique pas la surenchère dickensienne. C'est d'ailleurs par un receuil de nouvelles qu'on l'a découvert : Il est des nôtres. Effectivement, il est devenu, dès ce premier coup d'essai, des nôtres. Des miens, en tous cas.
Avec Les Jours Heureux, je suis définitivement conquis. Drôle, tendre, curieux, le premier* court roman de Laurent Graff est un petit bijou. Le genre de petit livre que vous avez envie de faire connaître à toutes les personnes que vous appréciez. Arrive ensuite Voyage, Voyages avec lequel il m'embarque encore. Ca tombe bien, moi aussi je suis un voyageur2-84263-125-0.jpg immobile.
Avec le temps Laurent Graff perd en humour ce qu'il gagne en poésie mêlant le réalisme et la magie ou
le fantastique (Le Cri, Il ne vous reste qu'une photo à prendre)

Le petit dernier s'intitule donc Selon toute vraisemblance. Comme d'habitude avec Le Dilettante, la couverture est soignée (recto verso ici :)


graff

On retrouve tout l'univers de Laurent Graff : la disparition, l'effacement, l'anonymat. C'est toujours d'une simplicité trompeuse et très efficace. Surtout, ça ne laisse pas indifférent. Rien de pire, à mon goût, que le so what? qui peut clore (ou stopper) une lecture. 
Comme ce personnage de journaliste, Graff ne cherche pas le sensationnel hollywoodien...
"Mais je cherchais le petit détail, la personne, le mot ou le geste, qui faisait basculer la cérémonie dans l'absurde, la poésie et le grandiose."
J'ai lu Selon toute vraisemblance d'une traite avec un immense plaisir, grâce à l'équilibre entre tendresse, humour et angoisse.En bonus ici, une version alternative (primitive - vu le sujet, j'ai envie de dire originelle) de Vie d'un mort-né tiré de Selon toute vraisemblance.
Visitez le site du Dilettante et vous pourrez y découvrir des extraits de tous les livres de Laurent Graff ( ici )

Et enfin : écoutez donc l'interview réalisé par François Angelier au Salon du Livre et diffusé sur France Culture :
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10070.xml
Laurent Graff y parle très simplement de son travail d'écrivain et de son appréhension du réel.

Si vous ne connaissez pas encore l'univers merveilleux et terrible de Laurent Graff, échappez-vous.

Signé Stéphane.
_________________
* premier au Dilettante. Laurent Graff a commencé à la NRF et au Rocher. 

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DF 27/12/2010 19:55



Je retombe sur votre blog grâce à "Selon toute vraisemblance" - que j'ai commenté aujourd'hui même sur mon blog, ici:

http://fattorius.over-blog.com/article-laurent-graff-ou-le-charme-discret-de-l-effacement-63806903.html

Une fort bonne lecture!