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MUSIQUE

Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 21:34

Cher Monsieur Foenkinos,9782259212328

Mû par mon goût des Fab Four et l'amour du travail bien fait, je me suis empressé de lire votre roman, que je suis censé défendre auprès des libraires (eh oui c'est mon métier, je vends des livres aux libraires -j'adore cette définition.)

Ecrit à la première personne, fausse autobiographie rapide de John, THE John, le Lennon, quoi...

JOHN-LENNON BOB-GRUENJohn Lennon se décide au cours de plusieurs séances de psychothérapie à raconter sa vie et nous oblige donc à la repasser en cinemascope, son destin, ses chansons, ses amours, mais ça vous le savez, Monsieur Foenkinos, puisque vous y avez mis votre patte. Vous l'avez tant et si bien mise cete patte, que tous les matins suivants les soirées de lecture, je croyais que ce que je lisais était officiel, allant jusqu' à dire à ma femme 'tiens tu savais que John Lennon, était.... avait......" tout en me rendant compte que je risquais de passer pour un inculte de ne pas le savoir avant et pour un naïf, pour croire à vos sentiments mêlés à la réalité historique rock'n'rollesque.

Bref tout ça pour dire que j'ai été attiré, ravi et même subjugué par votre livre, car en toute personne censée sommeille ce que l'on appelle un "passage Beatles", un passage de vie au cours duquel TOUT est organisé autour des Beatles et principalement autour de leurs chansons: qui l'a écrite: John ou Paul? Paul est-il mort en 1967? quel est le meilleur album (Le double-blanc ou Abbey Road)? etc... etc...9782709630665

De plus, le ravissement de votre livre lu a fait de moi une pauvre victime de la société de consommation puisque j'en suis venu à acheter, là, comme ça , sans réfléchir, le coffret de tous les albums des Beatles remasterisés (alors que j'en possédais déjà pas mal...) sans possibilité de remboursement par mes frais professionnels.

Je suis allé jusqu'à lire le long (642 pages) et émouvant roman traduit du norvégien Beatles par Christensen. En plus de la réalité historique de l'avancée des Beatles sur la scène internationale des années 1966-1971, nous est racontée en détail le cheminement de 4 garçons, amis, fans des Beatles (cela va sans dire...) passant des soirées entières à décortiquer les chansons, la musique de leurs idoles, découvrant au fur et à mesure des mois qui passent tel ou tel nouvel opus, et évoluant dans un monde lycéen, rempli de découvertes autour de la musique bien sûr, mais aussi des filles, et des projets qui ne se réaliseront sans doute jamais, mais qui feront certainement d'eux des adultes.

9782259205757Pour finir Monsieur Foenkinos je vous conseille, pour vous changer de John Lennon et des Beatles (bien qu'il y figurent évidemment) de vous plonger dans le déjà indispensable Dictionnaire Amoureux du Rock de De Caunes, car il est magnifique d'écriture (oui, oui, j'insiste sur la Littérature de petit Antoine) et si les choix ne sont pas toujours les nôtres (c'est le principe de la collection: culturel, littéraire et subjectif), les siens sont uniques et ses point de vue imprenables, ainsi en est-il de son passage sur Bruce Springsteen (spéciale dédicace à MC Stéphane) qu'on ne retrouvre ni à B (comme "Boss" ou "Bruce") ni à S comme "Springsteen" mais à M comme "Madison pour le Boss".

Enfin, ce livre est à garder, à regarder, à consulter le plus souvent possible car grâce à De Caunes et à vous, Monsieur Foenkinos, l'éditeur Plon peut se vanter d'avoir deux livres Rock, qui plus est d'excellente qualité dans le même mois...

Unbelievable!!!!!!

 

Signé Arnaud

 

______________________

Lennon par David Foenkinos editions Plon, Beatles par Lars Saabye Christensen editions JC Lattès, et Le Dictionnaire Amoureux du Rock par Antoine de Caunes éditions Plon

* Référence au titre des Beatles sur Abbey Road que le monde entier devrait posséder dans un monde parfait. C'est le meilleur album des Beatles, et donc, le meilleur album de tous les temps.

Par Seren Dipity - Publié dans : MUSIQUE
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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 22:32

Alain Gaschet - l'auteur de Bootleg, voir article -  m'a écrit et, comme je suis bien élevé, je lui ai répondu. Et j'en ai profité pour lui poser une de mes questions préférées.

Et croyez moi, un pirate qui a silloné les routes de France de foire aux disques en foire aux disques connait la chanson.

Deux listes : quels sont les 5 disques OFFICIELS et les 5 BOOTLEGS à absolument emporter sur une île déserte?cooke_sam.jpg

 

And the winers are :

 

Officiels :
Flamin’ Groovies : Teenage Head
Gérard Manset : La mort d’Orion
Blue Suede Shoes – A Rockabilly Session
Dogs : Legendary Lovers
Sam Cooke : One Night Stand

 

Bootlegs :
Rolling Stones : Bedspring Symphony ou Brussels Affair (1973)2634037710104113619S425x425Q85.jpg
Pink Floyd : The Man and The Journey (1969)
Dave Edmunds All Stars… Soul to Soul (1990?)
Bob Marley : Live at Santa Cruz (1979)
Bob Dylan : Great White Wonder (1969)

Et cette incroyable séquence filmée de Springsteen dans les rues de Copenhague (j’ai la version de « The River » diffusée sur Youtube – comme tout le monde, mais il paraît qu’il a fait 6 titres ce jour là….)

 

_______________

Alain Gaschet a peut être ajouté Springsteen pour me faire plaisir?! Mais c'est vrai que l'événement était à la hauteur du Boss. Je ne sais plus si j'ai la séance complète, faudrait que je vérifie. Sinon, faudrait que je demande à Mikael Ollivier qui doit être en train de finir son prochain polar avec les concerts de Springsteen en toile de fond... Souvenez-vous ici et ici!

 

Stéphane



Par Seren Dipity - Publié dans : MUSIQUE
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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 22:50

Ce livre ne s'adresse pas à tous. L'auteur le rappelle d'ailleurs, à l'entrée de son ouvrage. Alain Gaschet : Bootleg, les flibustiers du disque, Ed Florent Massot.

Si vous n'avez jamais senti un pincement en pensant à tous ces concerts auxquels vous n'avez pas assistés, vous ne comprendrez peut-être pas tout ça. Si vous vous demandez pourquoi des mecs dépensent 30 euros pour un enregistrement amateur d'un concert qui s'est déroulé à des milliers de kms, 20 years ago today, vous ne comprendrez pas davantage...

Attention, vous allez pénétrer dans un monde qui a son propre vocabulaire... Les mots soulignés sont expliqués en bas d'article.

9782916546490.jpg

Alain Gaschet est un pirate. Si vous dites à quelqu'un que vous êtes un pirate, 99 fois sur 100 les gens pensent que vous téléchargez illégalement  des fichiers MP3 (abbréviation de Merdique et Pourrie puissance 3 *) de disques que des artistes mettent des mois à écrire et à enregistrer.

Il faut moins de temps aux pilleurs (ie. les téléchargeurs)  pour voler une oeuvre sur internet qu'à l'artiste pour choisir quelle photo va orner la pochette. Mais celui qui pille une oeuvre comme ça s'en fout : la pochette, il ne cherchera même pas à savoir à quoi elle ressemble. Et on peut s'estimer heureux s'il a la curiosité d'écouter tout l'album; bien souvent, il se contentera d'un seul morceau, entendu à la radio ou à la téloche, qui aura une durée de vie d'environ deux mois avant de finir à la corbeille. Tout ça restera du domaine du digital, même la poubelle qui sera aussi virtuelle que l'intérêt porté à l'artiste. co25113.jpg

Alain Gaschet est un pirate d'un autre genre : il diffuse et distribue des enregistrements inédits et live (ie. des bootlegs) d'artistes plus ou moins connus. C'est un pirate de la trempe des flibustiers du film Good Morning England (le gospel pour les mélomanes rockers - quel bonheur!). Ce sont des diffuseurs du rock'n'roll, des apotres pr-vvvde la pop, des messies du rythm'n'blues. C'est grâce à des mecs comme lui que des milliers de fans ont pu avoir accès au concert-after de Prince au Trojan Horse, à La Hague, en 88 (c'est le concert princier qui a ouvert les vannes aux bootlegs de sa majesté - le bootleg intitulé Small Club est devenu un classique); gràce à lui et ses copains, que les légendaires concerts de l'été 78 par un Springsteen au top de sa forme sont tous dispos (je vous conseille le Roxy à L.A. et le Agora à Cleveland**); que les enregistrements domestiques des Beatles révèlent le travail d'écriture du Double Blanc (cherchez The Esher Demos sur Google, vous verrez); etc, etc. gdrcdsat1

Son histoire du bootleg est passionnante. Pour les profanes, c'est entrer dans un monde parallèle du disque; pour les initiés c'est découvrir des détails incroyables derrière les enregistrements qu'ils chérissent. Certains noms de labels (Crystal Cat, KTS, etc), d'illustrateurs, de bootlegs sont autants de mythes qu'il nous raconte, nous dévoile, de l'intérieur. Les batailles et les parades juridiques menées par le monde des bottlegers sont assez bgcd-005-front.jpgdingues. C'est grand l'Europe et la législation de certains pays offraient des failles. Les réseaux, eux aussi, sont assez incroyables... On apprend que certains pirates étaient pressés, la nuit, là où les officiels l'étaient le jour...

 

Le seul aspect du monde des pirates et des fans que Gaschet ignore (ou feint d'ignorer?) c'est le rapport qu'ont les fans aux mecs comme lui. Pour une immense majorité (j'allais dire d'entre nous...) ces mecs restent Loney Dear Black Session 03.04.2009 backdes profiteurs avant que d'être des "passeurs" d'inédits. Il y a quinze ans, on ne pouvait pas faire sans eux. Et ça vous coûtait une petite fortune... Fallait compter 300 francs le bootleg de Springsteen (3cds) Et là dessus, que dalle pour le boss ni la maison de disque. Bien sûr, Alain Gaschet parle de l'argent que lui et ses potes se sont fait. Mais on sent bien que le pognon est tabou dans le milieu.

Il y avait donc la communauté des bootlegers dont Gaschet fait le récit - il y a maintenant la communauté des traders (qui existe depuis longtemps, Gaschet en parle d'ailleurs) qui s'échangent toutes ces pépites gratuitement... Malgré l'illégalité des pratiques qui consistent à diffuser des enregistrements non officiels, les traders ont une morale : tout ce qui est officiel (commercialisé), on l'achète - le reste, on peut se le refiler gratuitement. Nombres de ROIO ou de projets portent d'ailleurs la mention MADE BY FANS FOR FANS - NEVER FOR SALE !

archival.jpgOn trouve dans le livre le portrait de celui qu'on appelle l'Archiviste. Il est en mission : il veut avoir une trace de tous ces moments musicaux pour éviter l'oubli.

Je suis toujours inscrit sur un groupe Yahoo qui s'appelle The Archival Group et qui s'est donné la même mission. Cela permet à une poignée de fans d'écouter un ensemble de 7 cds de Ray Charles en concert... Entre autres....

Et je ne vous parle même pas des communautés qui existent sur des trackers de diffusion de ROIO avec le principe du peer to peer. Le plus gros limite son nombre de membres à 100 000. Au moment où j'ecris ces lignes (mardi 15 juin), il y a sur ce site 26 941 concerts ou sessions de disponibles... Ca va de Motörhead à Madrid le 14 juin 2010 en DVD (hier, donc!) au liberated bootleg d'Otis Redding A Soupçon of soul (1967) en passant par un concert de Ralph Towner, John Abercrombie, Nana Vasconcelos et Jan Garbarek en 78 à Hamburg (super son, enregistrement pre-FM). ntbr-8613-front

Aujourd'hui, tout va tellement vite... Dans son bouquin, Alain Gaschet raconte quelques coups famuex où des bootlegs sont sortis très, très rapidement sur le marché (moins de 10 jours en 87 pour un concert de Pink Floyd) : aujourd'hui, un mec à San Francisco peut avoir un concert diffusé en direct sur France Inter le jour même. Je le sais, c'est gràce à moi que ça arrive! Le mois dernier, Stewart O'Nan donnait dans sa "desert island list" un bootleg de Cat Power comme un des 5 disques qu'il emmènerait sur une île déserte. Le dernier concert de Cat Power diffusé en direct sur France Inter, le 23 janvier 2008 de 21h à 22h était en ligne à 22h25. Elle était encore sur scène pour le rappel. Avec en prime, une pochette faite maison :

  Cat-20Power-20Black-20Session-2001_23_2008-20back.jpg

  Cat-20Power-20Black-20Session-2001_23_2008-20front.jpg

Bref. Le monde des bootlegs est là... pour ceux qui aiment vraiment la musique et qui aiment écouter autre chose que le dernier single (quelle horreur!) d'un artiste. Pour ceux qui aiment creuser un peu, approfondir leur passion pour un artiste.

 

Si vous aimeriez plus d'infos, contactez moi, je vous donnerai des pistes pour découvrir des trucs que vous ne pensiez pas entendre un jour...

 

Visitez le site d'Alain Gaschet : un excellent complément au bouquin avec des tonnes de liens...

http://www.bootlegmuseum.com/bootlegmuseum/Bootleg_Museum.html 

Je peux bien vous le dire : sur certains de ces sites, vous trouverez des références de pirates que j'ai enregistrés... et j'en suis fier! La seule différence avec Gaschet, c'est que je n'ai jamais gagné une thune avec mes enregistrements et mes pochettes...

Si vous voulez découvrir beaucoup de pirates gratos, essayez la radio : 

http://www.wolfgangsvault.com/

ou alors les archives de :

http://www.archive.org/browse.php?collection=etree&field=%2Fmetadata%2Fcreator

Si vous cherchez des informations sur certains groupes :

http://www.bootlegzone.com/

http://db.etree.org/

http://www.hotwacks.com/

 

Quelques (centaines de) pochettes d'amateurs  :tw001

http://cds.jrd.org.uk/list/artwork.shtml 

 

 

Et ici le Top 5000 des bootlegs, rien que ça...    

http://rateyourmusic.com/charts/top/unauth/all-time/1

 

Petit lexique indispensable du monde des bootlegs :

bootleg : enregistrement non officiel d'un artiste en concert ou en studio. Egalement appelé :

roio : recording of independent origin - la différence étant le point de vue commerçant entre les deux

trade : échange (par snail mail : la poste - moins rapide qu'internet mais la relation humaine en plus, et le plaisir de l'attente de voir arriver, dans sa boite aux lettres, l'enveloppe matelassée contenant, par ex, une rareté de Rickie Lee Jones)

newbie : vous débutez, vous n'avez rien à échanger et vous pensez être perdu - non! vous pouvez demander un :

b'n'p : blanks and postage - vous envoyez des cds vierges à un mec sympa qui vous envoit des concerts en retour

liberated bootleg : une fois copié sur un cd vierge et échangé, un bootleg commercialisé sans autorisation (comme ceux que vendait notre ami Gaschet) devient un liberated bootleg... Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux... regardez les envoler, c'est beau...

FLAC / SHN : des formats d'échanges qui offrent une alternative de qualité au MP3 - ce sont des formats de compression appelés lossless : sans perte de qualité.

completist : un collectionneur fou furieux qui ne se contentent pas des 100 essentiels de Springsteen, par ex (c'est le minimum!), mais qui veut vraiment TOUT... Et là vous pouvez tomber sur des listes de + de 1000 pirates pour un seul artiste.  

 

 

 Stéphane

__________________

* le MP3 est un format de compression qui dénature le morceau d'origine, n'hésitant pas à supprimer certains sons jugés dispensables par le logiciel. Ne vous fiez pas à l'apparente propreté du son cristalin. 

** la première personne qui m'écrit et me donne son adresse postale recevra un concert de cet été mythique du Boss... Le so-called Summertime Blues, 3 cds. Ready? Steady? Go!

Par Seren Dipity - Publié dans : MUSIQUE
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 21:38
Editions Le Mot et le Reste :

www.atheles.org/lemotetlereste

Cet automne encore Le Mot et le Reste s'impose comme le meilleur éditeur de toutes les musiques. Loin des titres racoleurs qui déboulent pour Noël (mais on va pas bouder tout ça, on est bon public), cet éditeur creuse son sillon et développe un catalogue passionnant et passionné.
Premier opus de la rentrée, et pas  des moindres :

Ashley Kahn,
Kind of blue : le making of du chef-d'oeuvre de Miles Davis
préface de Jimmy Cobb - traduit de l'américain par Philippe Paringaux (pendant que j'y suis : Casterman vient de rééditer sa BD avec Loustal, Barney et la note bleue, sur Barney Wilen, le saxophoniste, que l'on retrouve brièvement dans Kind of Blue -la boucle est bouclée)

Évidemment si vous ne connaissez pas le CHEF D'OEUVRE ABSOLU qu'est Kind of Blue, le livre va vous intéresser moyennement. Donc, commencer par vous procurer le CD. Je n'ai pas la dernière version du disque (édition Legacy chez Columbia sorti cette année pour les 50 ans, avec alternate takes and so on mais j'ai le CD en plaqué or (si,si!! j'suis con des fois, j'vous jure!) et un bootleg nommé Making of Kind of blue qui circule chez les fans depuis belle lurette)
Mais le CD simple suffira. Normalement, comme le rappelle l'auteur du livre, Ashley Kahn, même les personnes qui n'ont qu'un seul CD de jazz ont celui là. On se contentera de ça (pour le moment).
Tiens, écoutez ça pendant votre lecture (l'image est fixe)
http://www.youtube.com/watch?v=DEC8nqT6Rrk&feature=fvw
http://www.youtube.com/watch?v=PoPL7BExSQU&feature=related
Pourquoi faire un livre sur un album (1???) de Miles Davis? Pourquoi celui-là et pas In a silent way, dix ans plus tard (par ex, puisque c'est mon premier émoi en jazz)?
Parce qu'en plus d'être le plus vendu des disques de jazz, d'être considéré comme un (sinon LE) meilleur disque de jazz de tous les temps (je ne suis pas loin de le penser), le disque est une charnière. Pour Miles Davis, pour Coltrane, pour le jazz, pour la musique. Pour le monde entier donc.
Ca doit être chiant? demanderont les plus incrédules d'entre vous. Que nenni, les amis. C'est passionnant. Des premières années de formation de Miles Davis à la montée en puissance du sextet génialissime, tout est là. C'est limpide (quelques passages un peu technique), entrecoupé de citations tirés d'interviews et on sent tellement de passion derrière tout ça qu'on a qu'une envie : écouter, écouter et écouter cette musique stellaire.
Imaginez ça : Miles Davis, John Coltrane, Julian "Cannonball" Adderley, James Cobb, Paul Chambers et Wynton Kelly/Bill Evans.
J'ai toujours trouvé difficile de parler de musique, pensant qu'une écoute valait mieux que n'importe quel discours, même élogieux. On a ici la preuve que c'est possible.
Puisqu'on parle de Miles, sachez que l'actualité pense beaucoup à lui. Une nouvelle compil'  (2cds et 1 dvd) est imminente. J'ai toujours trouvé débile les compilations de jazz, mais bon... Le seul avantage que j'y trouve, c'est qu'on a rapidement (trop rapidement, bien souvent) un panorama d'une carrière. Dans le cas de Miles Davis, dont on dit qu'il  a révolutionné le jazz cinq fois, imaginez ce que ça peut donner...
Retour aux livres avec deux autres ouvrages indispensables :
Miles Davis : 80 musiciens témoignent(Ed. Actes Sud) (ils avaient fait Coltrane il y a un an ou deux), très intéressant mais un petit peu cher quand même...
et :
We Want Miles : Miles Davis, le jazz face à sa légende(Ed. Textuel/Cité de la Musique), album de l'expo à la Cité de la Musique du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010. Très richement illustré, on a ici toute la carrière de Miles Davis et, là, ça prend une autre dimension parce que le génie ne s'arrête pas en 1959... Ca continue dans les années 60, je trouve que ça s'arrête dans les 70's -d'ailleurs Miles Davis lui-même fait un break de cinq ans- (mais bon, d'autres aiment l'époque électrique fusion) et ça repart dans les early 80's avec We Want Miles! justement (sans oublier l'excellent Star People).
L'ouvrage est très beau et ça confirme une chose : Miles Davis avait la classe! (c'est d'ailleurs ce qui définit souvent Miles Davis) et le génie de s'entourer toujours des meilleurs musiciens. Wayne Shorter, Herbie Hancock, Joe Zawinul, Dave Liebman, Keith Jarrett, Dave Holland, John Scofield, Kenny Garrett, Marcus Miller, etc, etc. Tous ces musiciens ont fait une carrière solo comme leader.
Avoir joué avec Miles Davis, sur un CV, ça claque!


Le Mot et le Reste vient également de publier Hard'n'Heavy : 1966-1978, sonic attack de Jean Sylvain Cabot et Philippe Robert (déjà auteur de Great Black Music et Rock Pop un itinéraire en 140 albums essentiels). Bon, je ne vais pas mentir : c'est pas ce que je préfère donc je ne me suis pas précipité mais je vais jeter un coup d'oeil. Je dis ça et j'ai commencé la journée en écoutant Appetite for destruction des Guns'n'Roses... (qui devrait trouver sa place dans le tome 2 annoncé en fin de volume) Philippe Robert nous avait déjà régalé avec ses deux précédents parcours. Il sait donner envie ce monsieur, y a pas de doute. Le seul problème, c'est après. Ca se corse. Essayez de trouver la centaine d'albums dont il vante les mérites relève du parcours du combattant dans un désert. J'en suis encore à chercher certains qui figuraient dans Great Black Music (vous remarquerez que Jimi Hendrix figure dans les deux classements).
Bon courage aux fans de hard!
Toujours chez Le Mot et le Reste, on nous annonce un livre qui devrait nous intéresser (admirez l'art de la litote!)
Geoff Emerick & Howard Massey, En studio avec les Beatles(avec une introduction d'Elvis Costello) traduit de l'anglais par Philippe Paringaux (encore lui) -  À paraître le 24 novembre 2009
Ca devrait être l'ami idéal qui va accompagner la redécouverte des Beatles remasterisés -ou mieux encore : le compagnon des sessions complètes d'enregistrement de l'hiver 1969 (pour ceux qui suivent, l'année de In a silent wayde Miles Davis, donc)
Keskecè??? Tout (ou presque) ce que les Beatlesont fait en studio pour enregistrer Let It Be, soit 83 cds, 2187 morceaux, 97 heures 44 minutes et 7 secondes de Beatles en studio. C'est sûr, faut aimer les Beatles. On ne s'adresse pas ici à l'auditeur lambda qui croit que posséder "1" (la compil des numéros des Fabs Four) est suffisant.
Le témoignage d'un jeune ingénieur su son qui poussait les boutons sur l'album Revolver, on va découvrir ça avec bonheur et curiosité...


Toujours le même excellent éditeur, et cette fois-ci encore plus attendu parce qu'il n'y a vraiment pas grand chose sur le sujet (que dalle, en fait) et que le sujet est pourtant PASSIONNANT :

Philippe Gonin,
Magma - À paraître le 24 novembre 2009

Pour ceux qui ne connaissent pas Magma (comme je vous plains : vous pensez que la chanson française des années 70, c'était Cloclo/ comme je vous envie : vous allez prendre une claque le jour béni où vous découvrirez le léviathan), voici deux extraits de concerts.
Le problème du choix ici très difficile : ne pas vous faire peur mais vous donnez tout de même une idée de la force de Magma... Alors deux morceaux. Le premier va vous rassurer. En français, avec des cuivres  suintants et une section rythmique aussi efficace que, somme toute, traditionnelle. Vous aurez une image de la puissance de feu de Magma avec la voix de Christian Vander et le crescendo monstrueux des 3 dernières minutes.
http://www.youtube.com/watch?v=RS0pKRBdHFA&feature=related
Bien.
Et il y a le Magma des années 70. Putain! Un OMNI (Objet Musical Non Identifié) omni-musical (comme on dit omnivore : Magma dévore le jazz, le classique, le rock -progressif ou non-, le gospel et recrache tout ça, digéré en un magma diabolique.)  Des dingues, une sorte de secte arborant un symbole kabalistique étrange. La gueule de Vander quand il cognait sur sa batterie (il dédie son oeuvre à Coltrane), les voix (Stella, sa soeur, Klaus Basquiz,etc), la basse de Bertram. Et le kobaien, la langue inventée par Vander et sa clique pour dire son univers (une sorte de mélange d'allemand, d'anglais et de pudding indo-européen).
http://www.youtube.com/watch?v=g9yaYvrp3B4
Mais surtout ne vous arrêtez pas à ça. Allez dans une médiathèque ou sur internet et cherchez à Magma ou Christian Vander ou Christian Vander Trio ou Les Voix de Magma ou Offering ou Stella Vander. Tout est bon. 
Préparez vous à être secoué.
Et souvenez qu'à l'époque, la musique en France, c'était encore Richard Anthony faisant des reprises des Beach Boys (ou l'inverse!).
Et j'entends siffler le train...

Signé Stéphane
Et n'oubliez pas d'aller visiter le site du Mot et le Reste, leur catalogue est excellent.
Par Seren Dipity - Publié dans : MUSIQUE
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 17:57

Je ne pouvais évidemment pas ne pas en parler.  M'offrir le coffret ne pouvait pas être suffisant.
C'est pas de la littérature, diront certains.
Et alors?
Vous croyez vraiment que toutes les choses dont on parle ici sont de la littérature? Et c'est quoi la littérature?

Mais je m'égare.

Les Beatles donc.

Pour célébrer la sortie (enfin!) des remasters, voici une reprise inédite de This Boy par Revolver, jeune groupe français très talentueux (depuis quand n'avais je pas dit ou écrit "groupe français talentueux"???). L'enregistrement date de la semaine dernière, sur le Pont des Artistes, diffusé sur France Inter le samedi soir de 20 à 22h.
Le Pont des Artistes c'est la meilleure émission de musique en France, radio et TV  confondues. Tous les samedis, des minis concerts et des interviews par une grande dame pour qui être ecclectique n'est pas une mode.

Voici donc votre cadeau de la semaine, les amis. Le morceau de Revolver illustré par quelques images des Beatles. Et si certains remarquent qu'une photo de Lennon prise à Hamburg est présente plusieurs fois, qu'ils ne s'inquiètent pas. C'est fait exprès. C'et une photo magnifique.
Revolver, c'est à vous :





Et pour les malheureux qui ne connaitraient pas encore l'émission d'Isabelle Dhordain sur Inter, voyez ça :
 
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/pontdesartistes/

Ne regardez pas les archives ou vous allez pleurer en pensant à tous les concerts que vous avez ratés...

Signé Stéphane

Par Seren Dipity - Publié dans : MUSIQUE
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