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SERENDIPITY

Y a-t-il un prof pour sauver le président? : sur 22-11-63 de Stephen King - une lecture critique de Stéphane

20 Avril 2013, 21:03pm

Publié par Seren Dipity

Stephen King est de retour. Bon il n'était pas parti depuis longtemps, hein... Quoique? Il y a deux Stephen King, celui de l'horreur et celui des Evadés ou de Coeurs perdus en Atlantide. Enfin, c'est l'idée que j'en ai mais je ne suis pas vraiment un connaisseur du King. J'avais vraiment beaucoup aimé Coeurs perdus. Une petite dose de fantastique était présente mais l'essentiel n'était pas là. Et d'ailleurs, n'est ce pas le propre de la fiction d'inclure une dose de... fiction? (Message très peu subliminal à l'usage des auto-fictionneux français)

22-11-63, donc.

Le jour où...

J'ai écouté ce gros roman avec un plaisir proportionnel au nombre de pages, 930, dans l'édition française. Trente-cinq heures d'écoute : le temps est un des thèmes du roman. Ca tombe bien, 35 heures, ça fait quelques aller-retours. (Après avoir écouté 1Q84 et ses 48 heures, c'était pas le bagne...)

 

La lecture, ça ressemblait à ça : 

http://more2read.com/als-diner-112263-excerpt/

 

Je vous fais le pitch, rapido :

Jake est prof d'anglais, célibataire depuis la rupture d'avec sa femme et ses problèmes d'alcool. Il vient d'être bouleversé par la rédaction d'un élève bien particulier, Harry Dunning, concierge boiteux, qui a bouleversé Jake avec sa rédaction "le jour qui a changé ma vie" .  Le jour de la remise du diplôme, ils vont fêter ça chez Al et ses fameux hamburgers si peu chers que toutes sortes de rumeurs circulent sur la provenance de la viande. Quelques jours plus tard, Al l'appelle et lui demande de venir. C'est urgent et très important. Jake découvre alors que Al se fournissait en viande provenait d'une boucherie du coin... en 1958. Comme Alice, Al a découvert un trou de lapin qui le mène tout droit en 1958. Al a échoué a sauvé le président Kennedy. Mourant, il confie à Jake le soin de changer l'histoire... Jake accepte et plonge dans la vie de Lee Harvey Oswald. Ou peut-être plonge-t-il dans sa deuxième vie?

 

Le voyage dans le temps est presque un genre à part entière dans la fiction (ou, plus précisément, la science-fiction). Stephen King n'est pas le premier. Je vais être honnête : pendant une bonne partie du roman, le voyage dans le temps (pour l'intérêt narratif qu'il peut représenter) et le sauvetage de JFK (bon sang! le titre est tout de même 22-11-63!), eh bien..., pendant longtemps ces deux aspects du roman n'ont pas constituer les raisons de mon plaisir de lecteur. Je ne suis pas un fana de ce genre mais j'ai des souvenirs vivides de mes excursions dans le temps avec Wells, Barjavel ou plus récemment Ken Grimwood et son formidable Replay. Les thèmes courants étaient déjà dans ces romans (changer le passé et donc le présent, avec son corollaire, l'effet papillon, le problème existentiel du grand-père, l'uchronie, etc) Stephen King ne renouvelle donc pas vraiment le genre. Mais il s'attaque tout de même à un des moments les plus marquants de l'histoire contemporaine américaine. En s'appuyant sur une documentation à l'épreuve des balles, il refait vivre la fin des années 50 et le début des 60's, et il le fait avec un bonheur réellement communicatif. Bien plus qu'une reconstitution minutieuse, l'Amérique d'avant l'assassinat de JFK est surtout le théatre d'une vie et d'une aventure humaine simple, authentique et splendide.

Si la qualité d'un roman se mesurait au nombre de fois où on sourit de bonheur en le lisant (ou l'écoutant) alors 22-11-63 entrerait dans le palmarès. Arrivé au terme de cette épopée, l'émotion est là, tellement là qu'on en redemanderait presque.

Quel voyage! Quel talent de conteur!

 

Signé Stéphane

 

 

Y a-t-il un prof pour sauver le président? : sur 22-11-63 de Stephen King - une lecture critique de Stéphane

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