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SERENDIPITY

Vacances anglaises : sur Bienvenue au club et Le Cercle fermé de Coe et sur Le Fond des forêts de Mitchell - une lecture critique de Gaëlig

1 Mars 2012, 21:41pm

Publié par Seren Dipity

Une Expérience Anglaise, ça vous dit?

                                                                     

        Malgré toutes les nouveautés parues en ce début d’année littéraire – et il y en a de belles – je vous propose de vous balader loin des sentiers des nouveautés tout en vous assurant un plaisir de lecture intense.

L’Angleterre, pourquoi? on ne le saura pas. Mais une fois que nous sommes partis, on s’en fiche de le savoir.

Commençons par :

Bienvenue Au Club de Jonathan Coe (Folio),

un classique de l’auteur, paru en GB en 2001.

Ces 540 pages qui se dévorent nous plongent dans l’Angleterre (Birmingham pour être plus précise) des années 70, en pleine mutation (le déclin des socialistes, les grèves incessantes et le pouvoir des syndicats, l’avant Thatcher, l’arrivée du Punk…) et vécue par ses adolescents. Qui sont loin de tout cela évidemment (ou du moins, qui en ont l’impression).

Ce qui rend ce roman magistral, c’est que J. Coe mélange les genres, les styles et nous donne une vision très vaste de ce pays et de cette époque en insérant dans son roman une multitude de personnages que l’on suit de près. (Attention, peut-être risquez-vous de vous perdre parmi tous ces personnages mais tenez bon, ça s’éclaircit au fur et à mesure!)

Vous l’avez compris, c’est un roman foisonnant, qui ne se lâche pas et qul nous laisse à l’arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir en 1979 et avec des personnages que nous commençons à connaître et à aimer, encore en mouvement et même en plein essor. Ils quittent leur nid pour gagner leur indépendance, l’Université pour la plupart. Mais les histoires restent en suspens…

C’est pour cela qu’à la fin, J.Coe précise pour notre plus grand plaisir, que Bienvenue au Club comportera une suite, intitulée Le Cerle Fermé, qui reprendra le fil du récit à la fin des années 90.

C’est à dire après le règne de Thatcher, au moment où ses jeunes adolescents boutonneux atteigneront leur petite qurantaine… hum, on en salive d’avance!

Mais attention, ne nous précipitons pas, 20 ans c’est beaucoup pour une ellipse, alors nous allons la combler, si vous le voulez bien, par un autre livre :

 

Le Fond des Forêts de David Mitchell (Editions de l’Olivier)

J’imagine que l’on pourrait trouver une quantité de livres ayant pour décor l’Angleterre des années 80, mais celui-ci me faisait de l’œil depuis un moment notamment parce qu’un ami et confrère sur ce blog aussi, Jean-Philippe, m’en avait dit beaucoup de bien et l'avait fait savoir :

ici, l’article de Jean-Philippe sur David Mitchell, suivie d’une interview, sur le blog de Seren Dipity

Nous restons donc dans le Worcestershire, près de Birmingham mais dans un plus petit village appelé Black Swan Green (où il n’y a même pas de cygnes d’ailleurs) . On suit Jason Taylor, jeune garçon de 13 ans (l’âge ingrat, le vrai : tiraillé entre la fin de l’enfance et le début de l’adolescence) qui essaie tant bien que mal de faire son entrée dans l’adolescence en combattant (toujours tant bien que mal) son bégaiement (qu’il appelle « Le Pendu »), son irrésistible besoin d’être comme les autres enfants et son envie d’être lui-même, un garçon qui aime écrire et se laisser aller à penser…

A travers l’histoire de Jason, c’est un parcours initiatique, mais aussi le portrait d’une famille et d’une société qui nous sont contés, sublimés par cette langue pleine de verve et d’humour.

En un mot, David Mitchell nous enchante littéralement.

Malheureusement Le Fond des Forêts (paru en 2009 en France) n’est toujours pas paru en poche mais j’ai bon espoir car les éditions Points viennent de publier Cartographie des Nuages (son troisième roman) en même temps que Les Editions de l’Olivier sortent son tout dernier roman : Les mille automnes de Jacob de Zoet (que je vais le lire très prochainement!). Donc un peu de patience s’il vous le faut en poche.

Pour clôturer cette expérience anglaise, et puisque le livre de David Mitchell faisait lui aussi plus de 450pages, on se permet d’entamer, il est temps,

Le Cercle Fermé de Jonathan Coe (Folio), suite officielle de Bienvenue au Club.

Et on est heureux. De replonger dans les vies de tous ces personnages si attachants et qui 20 ans après, n’ont pas vraiment changés. Quoi que tous n’ont pas eu l’avenir qu’on leur aurait dessiné en 79… Quelques-uns nous surprennent, d’autres nous déçoivent. On reprend des énigmes là où elles s’étaient arrêtés sans avoir été élucidées…

Et puis on se retrouve surtout dans une Angleterre bien différente des années 70, évidemment. C’est le tournant de l’an 2000, la technologie qui prend ses aises, la capitalisme, le « thatcherisme » déguisé en Tony Blair, le 11/09/01, la guerre en Irak…

Une période passionnante, une suite franchement réussie et un roman parfait pour clore cette aventure anglaise qui m’aura bien dépaysée, dans tous les sens du terme.

Je vous invite donc à faire la même expérience. Ca vous dit? ;)

 

Gaëlig.

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