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SERENDIPITY

Truoc Nog 2011* : sur L'Art français de la guerre d'Alexis Jenni - une lecture critique de Gaëlig

14 Novembre 2011, 22:38pm

Publié par Seren Dipity

Ce gros livre de plus de 600 pages me faisait de l’œil depuis le mois d’août et je repoussais ma lecture jusqu’à ce que je n’y puisse plus, que je l’ouvre et que je lise les premières lignes qui m’emporteraient pour pas mal de temps en ce mois de novembre.

L’Art français de la guerre de Alexis Jenni (Gallimard) est un livre important qui m’a beaucoup appris, touché et marqué.LART-F-1.JPG

 

L’art français de la guerre tombe à point nommé dans notre paysage français. Il fallait un livre comme celui là pour parler de notre soi-disant « identité nationale»  tant présente depuis quelques années. Il fallait un livre comme celui-là pour nous parler, à nous Français, de notre pays, de ces guerres auxquelles elle a participé il y a 50 ans et dont on ne parle plus. On parle beaucoup de la seconde guerre mondiale. Mais l’Indochine et l’Algérie restent des mystères pour tous ceux qui n’ont pas fait d’études d’histoire.  Pourquoi? Parce qu’elles se conclurent par des échecs? Alexis Jenni essaye de comprendre et pousse la réflexion de manière intelligente.

Un livre comme celui-là rejoint les livres d’Eric Reinhardt et d’Emmanuel Carrère comme des livres denses qu’on peut presque qualifier de « à l’américaine»  tant ils peignent aussi bien notre pays que l’intime.

Dans ce grand roman, Alexis Jenni parle de cette identité nationale ( "Qu’est-ce qu’être français? le désir de l’être")  tout en brassant mille autres thèmes dans ce texte hors norme.

En effet, c’est un roman historique qui retrace l’histoire de la France de 1940 à aujourd’hui, un roman de guerre car il retrace cette guerre de 20 ans (mondiale, Indochine et Algérie), un roman social (sur le paysage social de la France aujourd’hui par le biais des banlieues, de l’immigration) et un roman romanesque, tout simplement.   

  Attention, ce n’est pas un essai. Pas un livre austère traitant de ces thèmes comme s’il nous donnait une leçon, nonnonnon! C’est un Roman dans le premier sens du thème.

Le narrateur est une sorte de loser lorsqu’il rencontre un homme, vétéran de la guerre de 20 ans. Ce dernier lui apprendra à peindre et en échange, le narrateur retranscrira à l’écrit les mémoires du vieil homme. On alterne donc entre les chapitres (appelés « roman» ) relatant les mémoires de Victorien Salagnon, homme exceptionnel et les chapitres (appelés « Commentaires» ) où le narrateur décrit la société française d’aujourd’hui à travers sa vie et ses visites chez Victorien pour ses cours de peinture.

La peinture également a son importance. Ou comment l’art peut avoir un rôle vitale dans une vie, un rôle d’apaisement.

Tout cela dans une langue travaillée, subtile, avec peut-être un peu trop de répétition, c’est vrai. Mais on ne s’arrête pas de lire pour cela.   

 

Signé Gaélig

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* Rappelez-vous ce très bon roman de Iegor Gran, aux éditions POL sur un écrivain qui se retrouve nominé pour le grand prix littéraire français... 

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