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SERENDIPITY

Sweet Holmes Chicago* ! sur Le Diable dans la ville blanche d'Erik Larson - une lecture critique de Stéphane

23 Juin 2011, 23:25pm

Publié par Seren Dipity

Inclassable, c’est un des mots qui définient le mieux ce bouquin sorti en avril dernier chez Le Cherche Midi. diable ville

Erik Larson est journaliste et historien. Mais, dès les premières lignes, on se croirait plongé dans un polar digne des plus grands maîtres du suspense!

Il nous raconte l’histoire de l‘Exposition Universelle de Chicago de 1893 (de ses débuts où les idées émergent, puis la construction et ses -très- nombreux obstacles, jusqu’à sa clôture) en parallèle avec l’histoire incroyable d’un tueur en série qui sévissait juste à côté de « la ville Blanche» .

On se passionne pour l’expo universelle, ses architectes, leurs ambitions, et l’air de rien, Erik Larson réalise une peinture ultra-riche de celle qu’on appelait « la Ville Blanche»  en opposition avec le reste de la ville de Chicago, pleine de noirceur, de crimes, d’odeurs infâmes…

Chapitre après chapitre, nous faisons connaissance avec Herman Webster Mudgett alias H.H.Holmes (entre autres noms), homme affable qui usait beaucoup de ses charmes afin de séduire de jolies femmes qu’il finissait par « faire disparaître» . Un homme aux nombreuses arnaques aussi et qui restera très longtemps dans la quiétude de n’être pas une seconde suspecté de meurtre.

Une histoire incroyable qu'Erik Larson alterne avec celle de l’Expo Universelle, dans un rythme très efficace.

On est surpris d’en apprendre autant sur une ville sans s’ennuyer, de ce que la réalité peut offrir au roman. Et la sensation qui domine ce document/polar est certainement le fait que la réalité dépasse souvent la fiction.

Un bouquin qu’on oublie pas de sitôt parce qu’il passionne et  surprend de bout en bout.

Ne passez pas à côté!

 

Signé Gaëlig.

 

expo-chicago.jpg

 

Reçu il y a quelques jours, le coup de coeur de Gaëlig a dû attendre que je termine ma lecture (mon écoute, en fait) de ce petit pavé de 600 pages. Elle a raison la bougresse!, Erik Larson sait faire parler l'histoire! Non content de nous apprendre un tas de choses sur la fin du 19ème siècle américain ("le siècle dernier je peux en parler, je l'ai vu mourir"**), et d'évoquer le parcours du premier tueur en série américain (il a avoué 27 meurtres - certains soupçonnent une centaine), il nous passionne sur tous les tableaux... Quel  foisonnement! Ce côté fin/début de siècle est toujours fascinant et la polyphonie du récit est une douce musique (j'ai plusieurs fois pensé à Ragtime de Doctorow.)

"L'Exposition universelle fit voir à des hommes et des femmes accaparés par le strict nécessaire que les villes n'avaient pas forcément à être les bastions sombres, malpropres et dangereux du pragmatisme le plus brutal. Elles pouvaient aussi être belles."

"C'est un prodige de cruauté, un démon humain, un être si impensable qu'aucun romancier n'oserait inventer un tel personnage. Son histoire tend, en outre, à illustrer la fin de ce siècle." (extrait du Chicago Times-Herald)

 

L'ouverture :

" A Chicago sur la fin du XIXè siècle, parmi la fumée des industries et le fracas des trains vécurent deux hommes, deux beaux hommes aux yeux bleus, l'un et l'autre exceptionnellement doués dans leur domaine d'élection. Chacun d'eux incarna un élément de la puissante dynamique qui propulsait alors les Etats unis vers le XXè siècle."

The Devil in the White City (2003), Le Diable dans la Ville Blanche, traduit par Hubert Tézenas.

Comme le dit Gaëlig : ne passez pas à côté!

 

Signé Stéphane

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* Souvenez-vous, ICI

** J'adore cette phrase de Céline...

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