Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
SERENDIPITY

Too long in the wasteland* : sur Lonesome Dove tome 1 de Larry McMurtry - une lecture critique d'Alexandre

22 Avril 2011, 01:01am

Publié par Seren Dipity

La petite cité de Lonesome Dove, écrasée sous un soleil de plomb, somnole au sud du Texas. Le pays est plus ou moins sûr, débarrassé des indiens et des bons bandits. Les hommes n'ont d'autres occupations, hormis le travail (creuser un puits ou de dresser des chevaux), que d'aller boire, jouer aux cartes au saloon ou tirer un coup avec la putain locale.  Lonesome-Dove.jpg

On est en 1880, les capitaines Call et Augustus McCrae dirigent leur ranch, la Hat Creek Cattle Company. Se sont des anciens Texas rangers qui passèrent la guerre sécession à surveiller et combattre sur la frontière, plutôt que de participer au conflit fratricide. Aujourd'hui des anciens héros sur la pente déclinante.
Call, au tempérament solitaire, est le symbole du travailleur intempestif qui s'épanouit à tout contrôler. Augustus, dixit Gus, à la voix forte, rechigne à la tâche, ne se préoccupe guère de l'argent et aime dispenser aux autres le fruit de ses réflexions.
Cela fait plus de dix ans déjà que ces deux là se traînent dans ce trou perdu quand Jack, un ancien compagnon de combats réapparait dans leurs existences. Jack lance une idée en l'air, comme on le ferait d'un sombrero poussiéreux, mais pas assez haut pour que Call ne le saisisse au vol. Il y a dans le Montana, tout au nord, des opportunités incroyables: le territoire va bientôt être "civilisé" et les premiers à s'installer s'enrichiront. La graine est plantée et ne demande plus qu'à mûrir en un gigantesque convoi vers Yellowstone. Le temps de voler plusieurs milliers de têtes de bétail aux mexicains, d'embaucher des garçons dans des familles si pauvres qu'elles laissent aisément partir un ou deux fils pour survivre.
Le cadre est posé, 300 pages ont déjà été lues, l'épopée peut commencer.
Car il s'agit bien d'un roman d'aventure, où la poussière et le sable asphyxient, où meuglent les vaches, où résonnent les sabots sur le sol sec... On voyage dans un pays en construction avec, ici ou là, de simples hameaux - rien de plus qu'une église et quelques magasins, au milieu de paysages gigantesques. La nuit au dessus de nos têtes, les millions d'étoiles scintillent, et parfois certains hommes rêvent d'enfourcher l'une d'elle, comme sa propre monture.
Si Call et Gus sont les deux héros principaux, le récit s'étoffe d'une galerie de personnages tous aussi singuliers les uns que les autres. Peu de femmes mais des bonhommes rustres et virils qui crânent pour ne pas montrer leurs peurs. Et comme le veut un roman d'aventures, certains destins se croisent sur des pistes dangereuses, puisque chaque protagoniste a son propre dessein à remplir, ses propres nostalgies à fuir.
 
Signé Alexandre
 __________________
* tiré d'une chanson du fils de Larry, James. Le premier album était quand même produit par John "Cougar" Mellencamp (le concurent le plus sérieux de Springsteen, back in the 80's and in the US.) La voilà :

Commenter cet article