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SERENDIPITY

Free as a bird : sur Le Monde libre de David Bezmozgis - une lecture critique de Pierre

1 Octobre 2012, 21:11pm

Publié par Seren Dipity

C'est en été 1978,  à Rome, une famille juive émigre de Lettonie encore russe, en transit avant le grand départ pour l'Amérique,  le Canada ou Israël.Le-monde-libre.jpg
 A Rome, les Krasnansky vont y vivre pendant 6 mois, le rêve de départ pour Chicago s'écroule en attendant le fameux visa, ils survivent dans un monde qui n'est pas le leur, l'espoir, l'attente et aussi la survie au quotidien, entremêlent l'histoire d'un monde disparu, et celui du quotidien de ces migrants.
 
Des personnages tellement  attachants.
Samuil  le grand-père, ancien de l'armée rouge, converti au communisme, avec ses  sombres réflexions «Pendant la guerre tu fuyais l'ennemi, maintenant qu'est ce que tu fuis? J'ai fait fausse route quelque part, mais où; il suffit que je fasse allégeance à quelqu'un, ça ne manque jamais, une information inédite et compromettante surgit aussitôt, je révère Lénine, j'apprends qu'il est un agent allemand, je vénère Staline, Khrouchtchev m'apprend qu'il a tué Mandelstam et  quelques millions d'autres».
Alec le fils, le playboy semble  «posséder le don», «certains étaient doués pour les chiffres, d'autres n'oublient jamais un visage, quant à lui il trouvait en général un endroit correct et fonctionnel pour copuler».
Karl, l'aîné, prêt à se lancer dans les affaires.
Lovya ancien tankiste israélien perdu dans ce monde,
Joseph Roidman, «un petit juif optimiste, unijambiste et sans patrie».
Polina la seule goy de la famille qui a tout quitté pour Alec.
 
Et aussi
La Volga ou la Ligouli ?
Un bol de yaourt aux myrtilles et une partie d'échecs.
Voir ou lire Un violon sur le toit de Chalom Aleichem, ( Tevye de Milkhiker).
L'espéranto, ça existe encore ?
Relire Eugène Oneguine.
Les codes des tatouages russes.
Le hot jazz et Mister Brown.
Qui se souvient de Fanny Kaplan?
 
Une fin en demie teinte, à la fois douce et triste.
 
A mon humble avis
Le Monde libre est un roman qui sans être un chef d'œuvre, est un roman qui a du style. La structure du texte avec cette alternance passé/présent, et à plusieurs voix nous amène à réfléchir sur cette histoire méconnue des peuples baltes.
Et surtout l'auteur a le sens de ces petites phrases justes qui vous laissent pantois et admiratif devant un tel talent.
 
Signé Pierre

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