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SERENDIPITY

Across the universe* : sur Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka - une lecture critique de Cornélia & Jérémy

5 Septembre 2012, 21:44pm

Publié par Seren Dipity

  1919 : plusieurs dizaines de jeunes Japonaises (parmi elles des fillettes de 13 ans, des filles-mères, des veuves) embarquent sur un bateau pour San Francisco : elles y rencontreront pour la première fois les hommes auxquels on les a mariées par procuration. Leurs voix s’élèvent et s’entremêlent pour dire la dure réalité de la vie en9782752906700.jpg Amérique, les exténuantes journées de labeur dans les champs, les vergers, les blanchisseries, elles disent les frayeurs de leurs nuits de noces avec des inconnus, les naissances, mais aussi les humiliations des Blancs et la difficile intégration dans un pays profondément empreint de racisme. Elles disent l’incommunication entre hommes et femmes et le déchirement de voir leurs enfants chercher à s’intégrer au point d’en oublier leur langue maternelle et les coutumes ancestrales.

Julie Otsuka suit les représentants de cette première vague d’immigration nippone aux Etats-Unis jusqu’à leur disparition dans des camps d’internement pour « ennemis d’état » pendant la seconde guerre mondiale, épisode méconnu et peu reluisant de l’histoire américaine récente, et qui a effacé les traces de ces travailleurs japonais des quartiers et des mémoires.

Mais ce court roman au rythme incantatoire est aussi un texte universel très puissant sur la condition de la femme.

 

Signé Cornélia

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Pour ma première intervention sur la rentrée littéraire j’ai choisi un livre court et qui selon moi se démarque de tout ce que j’ai pu lire depuis le début… Pour l’instant.

 

Un groupe de japonaises traverse l’océan Pacifique dans d’atroces conditions pour arriver à San Francisco. Elles doivent retrouver leurs maris qu’elles n’ont pas choisis. Mais d’après les lettres envoyées aux familles, ils ont une bonne situation, sous les ordres de grands notables, ils sont beaux et ils sont ce qu’elles ne pourront jamais espérer trouver dans leur petit village. Mais la réalité est bien loin de ce que les lettres laissaient entendre.

Le groupe se retrouve à travailler durement dans les champs avec les hommes. Au fil des années des enfants vont naître et engendrer la chute de la culture des émigrés japonais. Ils ne parleront pas la langue de leur parent,  finiront par se lier d’amitié avec les autres enfants et ils vivront une vie à peu près paisible dans la société américaine.

Mais cela c’était avant l’arrivée de la seconde guerre mondiale et plus particulièrement de Pearl Harbour qui bouleversera les opinions de tous.

L’écriture est puissante. On ne connaît pas les noms des japonais qui sont mentionnés par des « Ils ou  Elles ». Ce n’est pas l’histoire d’une seule personne mais de tout un peuple. Le sujet est, d’autant plus, rarement traité ; le périple de japonais émigrés pour faire le travail de ce que les américains ne veulent pas faire, les traites comme des moins que rien et qui finissent par les oublier.  

 

Signé Jérémy

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* Alt title : Woman is the nigger of the world - mais de Lennon solo. Dommage!

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