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SERENDIPITY

Perdu(s) : sur Chanson pour l'absente de Stewart O'Nan - une lecture critique de Stéphane

9 Mai 2010, 14:02pm

Publié par Seren Dipity

Stewart O'Nan n'est pas encore très connu en France. Et pourtant, comme Michael Collins (chez Bourgois) dans un autre genre, il est l'une des voix les plus talentueuses de l'Amérique des petites villes, des malls, des quartiers résidentiels. 

Son dernier roman, Chanson pour l'absente, vient de paraître chez L'Olivier (comme tous ses romans d'ailleurs _ preuve supplémentaire, s'il en fallait, de la grandeur de cette maison)

A travers ses romans, Stewart O'Nan explore le deuil, la perte, la disparition, l'éclatement. Ca n'a pas l'air drôle comme ça. Non. D'un autre côté, on n'est pas toujours là pour se marrer.

Je disais ça à une cliente hier : je lis pour me marrer ou pour être remué. Tout ce qu'il y a entre me laisse assez indifférent. Vous savez, le livre que vous ne finissez pas ou que vous terminez mais en remarquant, souvent à haute voix (des fois que quelqu'un puisse vous contredire) : Ouais, à quoi bon?... o-nan.jpg

 

Stewart O'Nan ne vous laisse pas indifférent. Dans son dernier roman, Chanson pour l'absente, on plonge dans le quotidien d'une famille dont la fille ainée a disparu. Le combat incessant des parents, l'espoir, la culpabilité, la fatigue, le découragement _ la vie : ce qu'il en reste pour les amis, la famille, la communauté.

Stewart O'Nan explore le vide mieux que personne et sait faire résonner l'humanité de chaque personnage avec des détails infimes.

C'est brillant et profond, tout simplement.

 

 

Voici l'ouverture du roman :

 

"Description de la personne avant disparition

 

Juillet 2005. C'était l'été de sa Chevrolet Chevette, de J.P., de ses cheveux longs. Le dernier été, le plus beau, celui dont ils avaient rêvé depuis sa classe de quatrième, la fierté de pouvoir flâner après la terminale, un prolongement de leur meilleure année. [...]

Les péchés du Midwest : platitude, vacuité, résignation à l'ordinaire. Quel charme y a-t-il à être enterrée vivante? A vieillir?"

 

 

Les deux dernières phrases citées sont assez lourdes de sens, en ouverture d'un roman sur une disparition...onan.jpg

 

Si vous ne connaissez pas encore Stewart O'Nan, je vous invite à le découvrir (liste des romans en bas de page). Et s'il fallait n'en garder qu'un, ça serait Le Pays des Ténèbres. 

  

C'est devenu une petite habitude ici. On aime connaître les 5 livres que les auteurs emporterait sur une île déserte. J'ai donc posé la question à Stewart O'Nan. Il m'a répondu très gentiment. Et quand j'en ai parlé à Jean-Philippe, il m'a fait remarquer, très justement, que j'aurais pu également lui demander ses 5 desert island records, puisqu'on trouve de nombreuses références à la musique dans ses romans. Stewart O'Nan m'a encore écrit un petit mot très sympa.

 

5 desert island books :

 

The Complete Works of Shakespeare
The Tales of Chekhov
To the Lighthouse - Virginia Woolf
A Sport and a Pastime - James Salter
The Complete Works of Basho
 
5 desert island records :
 
The Passion of Joan of Arc - Cat Power (a bootleg of an old solo tour)
Funhouse - The Stooges
Etta James Rocks the House
Songs from the City, Songs from the Sea - PJ Harvey
Loaded - The Velvet Underground

 

 

Franchement, un auteur qui choisit un concert solo de Cat Power pour l'accompagner sur une île déserte a forcément du goût.

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En bonus, une rencontre avec Stewart O'Nan (in english) :

http://www.youtube.com/watch?v=q2KMWgTiFAQ

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La bio de Stewart O'Nan, sur editionsdelolivier.fr :

Stewart O'Nan, né en 1967 à Pittsburgh, vit à Avon (Connecticut).

Après des études d'ingénieur en aérospatiale à l'université de Boston, il travaille cinq ans comme ingénieur aux essais chez Grumman Corporation Island. Parallèlement, il obtient une maîtrise d'écriture à l'université de Cornell et dirige ensuite un cursus d'écriture à Trinity College à Hartford (Connecticut).

Le succès de ses livres, aux États-Unis mais aussi en Europe, lui a permis récemment de renoncer à l'enseignement pour se consacrer à plein temps à l'écriture.

Outre ses nombreux romans, il a publié plusieurs essais : The Circus Fire: A True Story of an American Tragedy (2001), Faithful: Two Diehard Boston Red Sox Fans Chronicle the Historic 2004 Season (avec Stephen King, 2005) ou encore My New Orleans (2006).

« Qu'il écrive sur la guerre du Viêtnam (Le Nom des morts, en 1999), celle du Pacifique (Un monde ailleurs, en 2000) ou sur la guerre de Sécession (Un mal qui répand la terreur, en 2001), Stewart O'Nan est salué comme l'un des romanciers américains les plus originaux pour la force de son style, au même rang qu'Henry Miller ou Philip Roth. Cet ancien ingénieur, adepte de Stephen King comme de Dostoïevski, pose la question séculaire de la foi face aux barbaries humaines » (Philippe Perrier, Lire).

Des anges dans la neige est en cours d'adaptation cinématographique par David Gordon Green.

 

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Romans de Stewart O'Nan, traduits en français (tous existent en poche chez L'Olivier ou en Point) :

Des Anges sous la neige, 1997

Speed Queen, 1998

Le Nom des morts, 1999

Un Monde Ailleurs, 2000

Un Mal qui répand la terreur, 2001

Nos Plus beaux souvenirs, 2005

Le Pays des Ténèbres, 2006

 
Signé Stéphane.
 

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