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SERENDIPITY

Mes biens chers frères, mes bien chères soeurs : sur Apprendre à prier de Tavares - une lecture critique de Jérémy

2 Septembre 2010, 20:05pm

Publié par Seren Dipity

Première chronique de la rentrée littéraire, et on commence avec du lourd.

 

 

Apprendre à prier arton18962.jpg

à l'ère de la technique

de Gonçalo M Tavares

Ed. Viviane Hamy

 

 

Gonçalo M Tavares  est un écrivain portugais né en 1970, on lui doit Jérusalem, premier roman traduit en Français qui avait beaucoup fait parler de lui. Puis on avait découvert Monsieur Valery, Monsieur Krauss et Monsieur Calvino, trois courts textes qui se passe dans un étrange quartier d'écrivains (le bairro).

 

À la rentrée les éditions Viviane Hamy publie deux autres « monsieur » et surtout l'ouvrage   qui nous intéresse ici, Apprendre à prier à l'ère de la technique. Derrière ce titre énigmatique se cache une des œuvres les plus singulières que j'ai pu lire ces dernières années.

 

Apprendre à prier...  raconte l'histoire de Lenz Buchmann, chirurgien peu orthodoxe qui n'a aucune compassion pour son prochain, focalisé sur sa réussite personnel et son savoir-faire. Lenz a un frère et une femme qu'il méprise tous les deux. Il n'a d'admiration que pour son défunt père, un ancien militaire qui avait des concepts de vie bien particuliers.

Lenz est donc un personnage des plus charmant et sympathique. Blague à part, ce qui frappe d'entrée dans ce roman c'est la capacité de l'auteur à nous intéresser à un individu aussi détestable, et ce n'est qu'un début. Sans vous dévoiler toute l'histoire Lenz va décider de se lancer en politique et ça ne sera pas très joli joli.

 

Tout cela c'est la première partie, portée par un style splendide, à la fois limpide et complexe, distanciée et ironique. Tavares s'impose comme un écrivain de tout premier plan, avec un univers très personnel, peu aimable, le livre demande une véritable implication du lecteur. Rien qu'à ce niveau du récit on se dit qu'on tient là un grand livre, mais arrive la deuxième partie qui relate la maladie de Lenz. On s'inquiète pendant quelques pages, Tavares va t'il tombé dans les clichés, la maladie rédemptrice, etc., et on se fout le doigt dans l'oeil : l'auteur est beaucoup plus fort que ça.

 

Sans vous en dire plus car j'en ai déjà trop dit, depuis que je l'ai terminé ce roman ne me lâche plus, pas une journée sans qui j'y repense, il a distillé son venin dans mes veines, sa noirceur m'a subjugué et je ne saurais trop conseillé toute personne curieuse d'expériences littéraires de courir lire ce roman (il faudra quand même attendre un peu, le livre ne sort que le 16 septembre).

 

Signé Jean Philippe.

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Lig 03/09/2010 22:32



Tout pareil!!!