6 juin 2010
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La Guerre de Kippour est le récit très drôle de la fête juive, Yom kippour, telle qu'elle est vécue par Frédéric
et sa compagne du moment, la rougeoyante Popeline qui est aussi impie que poète et mélomane :
[Frédéric] "Tu n'entends rien à ma foi.
- Rien à perdre, je suis déjà damnée. Et je préfère mille fois pogoter avec le
fantôme de Ian Curtis que jouer de la harpe avec soeur Emmanuelle."
La rencontre entre l'incandescente Popeline et la mère juive va faire des étincelles oranges comme les flammes
de l'enfer et la chevelure rousse et envahissante de la sauvageonne...
"En fait, Frédéric avait été piqué par une méduse. Franchement...
- Michkin, s'écrie ma mère au bord des larmes. Vous l'avez emmené à l'hopital?
- Vous voulez rire? Les urgences pour une succion de méduse? Il a fait un tel barouf qu'il a suscité la pitié d'un vieil Allemand qui lui a fourni le remède idoine.
- Michkin, s'écrie ma mère au bord des larmes. Vous l'avez emmené à l'hopital?
- Vous voulez rire? Les urgences pour une succion de méduse? Il a fait un tel barouf qu'il a suscité la pitié d'un vieil Allemand qui lui a fourni le remède idoine.
- De la Biafine?
- Il lui a pissé dessus.
Mes parents sont dévastés. Le récit destiné à me ridiculiser m'a, au contraire,
canonisé. Mon père choisit de livrer une lecture très eschatologique de l'incident :
- Tu vois, chérie. Plus de soixante ans après, les Allemands continuent à nous
torturer."
Si un tel passage ne vous fait pas marrer, je ne peux vraiment rien pour vous.
Frédéric Chouraki s'offre également le luxe de faire un petit roman à l'intertextualité riche et colorée :
"Elle peut également déblatérer des heures durant sur la "frigidité délicieuse" des auteurs de Minuit, aux intrigues minimalistes et à la virtuosité
envahissante." On trouve également, en vrac, Gombrowisz, Tennesse Williams, DH Lawrence, Alexandre Jardin, Marc Lévy, etc. C'est normal, Frédéric notre narrateur, si attachant et si
drôle, écrit des romans gays, à la chaine...
"- Il est nègre.
- C'est quoi un négre, maman?
- Pour des romans pédés à l'eau de rose.
- C'est quoi pédé, maman?
Myriam est en larmes.
- Epargnez les petits, je vous en conjure!
[...]
- Frédéric a toujours eu beaucoup de talent et d'imagination, suffoque ma mère,
bouleversée par la chaîne d'incidents. En CM2, déjà, sa maîtresse voyait en lui le futu Jean d'Ormesson.
- Eh bien, elle s'est juste un peu trompée. Madeleine, sauf votre respect, vous
avez engendré le Marc Lévy des back rooms."
Comme Le Dilettante fait toujours bien les choses, vous aurez le bonheur de lire un extrait :
Pour le reste, ça sera en
librairie et je vous le conseille vivement!
Stéphane.
Arnaud Escroignard 11/06/2010