Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
SERENDIPITY

Leaving Las Vegas* : sur Plein Nord de Willy Vlautin - une lecture critique de Stéphane

31 Janvier 2011, 22:37pm

Publié par Seren Dipity

Willy Vlautin, Plein Nord, Ed. Albin Michel, collection Terres d'Amérique (Northline, traduction de David Fauquemberg)

Une fois n'est pas coutume, la quatrième de couverture est d'une justesse incroyable. Ajoutez à ça une certaine dose de fainéantise de ma part, et il n'y a plus aucune raison de ne pas la copier : 

Comme une balade country de Johnny Cash, mélancolique et prenante, Plein nord raconte une histoirevlautin.jpg américaine par excellence. Entre désespérance et rédemption, la trajectoire d'Allison, une gamine de vingt-deux ans, abîmée par l'alcool et les mauvais hasards, qui décide de rompre avec son passé en quittant Las Vegas pour Reno, après avoir appris qu'elle était enceinte. De nouvelles rencontres vont l'aider à se reconstruire, mais surtout Paul Newman, dont elle connaît tous les films par coeur, et avec qui elle parle en secret dans ses moments de doute...

Peuplé de personnages attachants, porté par une écriture sobre et une belle énergie, le roman de Willy Vlautin est un portrait extraordinaire de l'Amérique des laissés-pour-compte. Après Motel Life, bientôt adapté au cinéma par Guillermo Arriaga, le scénariste de21 grammes, Plein nord sera porté à l'écran par Courtney Hunt, la réalisatrice de Frozen River, révélation de Sundance 2008.

Le portrait d'Allison est une descente incroyablement touchante dans l'âme de cette paumée magnifique. Confondant de justesse, le roman est effectivement une ballade tragique. 

La fin est splendide, comme le montre assez ce passage qui résume aussi l'univers de Vlautin:

"Tu sais, je crois que les gens ont juste besoin d'un lieu pour vivre, c'est tout. C'est dur de voir changer les choses qu'on connaît bien, de les voir empirer ou devenir différentes, on se rappelle quand ça allait mieux, ou du moins quand on se sentait plus en sécurité, quand tout était calme. C'est comme ça que je voyais Las Vegas. Comme un endroit où tout changeait, et pour le pire."

Une longue ballade par le chanteur et songwriter du groupe Richmond Fontaine (americana, alternative country) : 

http://www.myspace.com/richmondfontaine

Bizarrement, je connaissais Richmond Fontaine mais pas Vlautin... Une belle

découverte, donc.

Stéphane.

____________________

* Le titre de l'article renvoie, au choix, au film de Mike Figgis avec un superbe

Nicolas Cage ou à la chanson de Sherryl Crow, en 93 (premier album - ça aurait

dû être le dernier, ça n'aurait pas mal tourné, au moins.)

 

Commenter cet article