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SERENDIPITY

Le Rouge et le Noir II : sur Le Chinois de Henning Mankell - une lecture critique de Stéphane

28 Décembre 2011, 23:04pm

Publié par Seren Dipity

Wallander n'est plus. Vive Mao!

Henning Mankell a fini sa série Wallander mais il n'en a pas fini avec le roman noir. Pour ce roman, il montre, plus que jamais, qu'il est aussi un écrivain du monde : Suède, Chine, Etats Unis, Afrique - cherchez l'intrus! chinois.jpg

Ça commence par un beau carnage dans un minuscule village de la Suède (19 morts en une nuit), ça continue dans le désert californien au 19ème siècle, ça transite par l'Afrique et la Chine et ça revient en Suède. Mais un roman de Mankell ne se résume pas par sa géographie ni par son histoire. Henning Mankell soigne tellement ses personnages (sans jeu de mot morbide) que l'humanité perdue des victimes est toujours magnifiquement remplacée par celle des vivants. Birgitta Roslin est une juge bourgeoise avec un passé de révolutionnaire coco. En pleine crise de couple, éreintée par son travail, elle apprend le massacre et se souvient que sa mère avait été adoptée par une famille de ce hameau désormais vidé de ses habitants. Elle profite d'un arrêt médical pour se rendre sur place - l'occasion pour elle de s'échapper de son foyer et de son travail, et de faire le point. Elle va surtout réussir à mettre les pieds dans l'enquête. Ça les mènera jusqu'en Chine.

 

Voilà, en gros, l'intrigue. Ceux qui ont déjà lu du Mankell savent que l'intrigue est loin de constituer l'unique plaisir de ses romans. Ici encore, l'écriture de Mankell fait des merveilles, toute en retenue et pudeur, et malgré le froid de l'hiver suédois, la chaleur avec laquelle il évoque les victimes et les personnages de ce roman est exemplaire. Les épreuves les plus difficiles sont d'ailleurs les plus émouvantes du roman - notamment la partie de San et son très long et douloureux périple.

Et en bonus Mankell nous donne quelques leçons d'histoire et de géopolitique chinoise. Ces passages passionnants dressent un portrait inquiétant de la Chine contemporaine et de ses ambitions futures.

Mankell a encore frappé. Fort.

 

Signé Stéphane.

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c'est moi...Arnaud, quoi! 29/12/2011 13:25


C'est vrai, l'écriture de Mankell, bien que souvent copiée est unique et fantastique; cependant, c'est sans doute le moins bon de ses romans policiers, tant l'espoir de la digression historique
retombe à plat avec le retour au 21è siècle et la résolution de l'énigme (ce qui n'est pas l'essentiel, nous sommes d'accord). Parmi le "meilleur" il faut trouver un "moins bon", c'est le cas
avec ce roman, à mon avis, qui reste cela dit bien supéireur à de nombreux autres romans policiers lus cette année. Enjoy