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SERENDIPITY

La Route 2* : sur Road Tripes de Sébastien Gendron - une lecture critique de Stéphane

14 Avril 2013, 14:56pm

Publié par Seren Dipity

Imaginez Thelma qui aurait eu un fils avec Bill Evans et Louise, avec Bérurier. Vous obtenez Vincent et Carell, nos nouveaux  Rois de la Route! Ça commence dans une ambiance fin du monde digne de Mad Max...9782226248251g.jpg

"J'ouvre les yeux parce que, au fond de mon cerveau, cette petite voix me dit : 'Allez, ouvre-moi ces paupières, espèce d'irresponsable, qu'on en finisse!' Alors bon, voilà : j'ouvre les yeux."

 

Et ce qu'il voit n'est que tôle froissée, voitures accidentées, cadavres, blessés. Le chaos.

Comment en est-on arrivé là?

Flashback. Ou plutôt, marche arrière car les chapitres sont des bornes kilométriques.

Ready?

C'est parti pour 4000 kms d'aventures! Sébastien Gendron est un fils du Poulpe. Auteur d'une douzaine d'ouvrages (dont un Poulpe justement) ce type est fou, drôle et talentueux. Et tendre, aussi, un peu. Deux types que rien de rien non-je-ne-regrette-rien ne devait rapprocher vont s'embarquer dans une folle équipée sauvage, quelque part donc entre Thelma et Louise, Duel, Hitcher, Mad Max, Le Corniaud, Les Valseuses, Bonnie & Clyde... (qui fera Bonnie?!?)

Vincent a vu sa vie réduite à rien. Quitté, sans le sou, il est obligé de retourner vivre chez ses parents. Sa carrière de grand pianiste virtuose semble derrière lui, tout comme les encouragements d'Herbie Hancock. Il croupit. Il accepte un poste de distributeur de prospectus. La lose. Il y rencontre Carell qui a une sacrée technique : brûler le papelard.

En pleine forêt et en plein été sec, ça ne manque pas d'éclat et de dégâts. La folle aventure peut commencer. Le lecteur y croisera des membres d'une secte appelée les Nibiriens, des membres tout court, un obsédé de la R16, des règlements de compte, des soifs de vengeance, des duels, des truelles (euh... non pas de truelles mais ça aurait pu) et de la fraternité. Et de l'idiotie. Et de l'éthique aussi. Ouais, beaucoup d'éthique.

Ça va à deux cent à l'heure, ça bastogne, ça cartonne. C'est drôle. C'est fou. Et puis c'est éthique.

Ah, j'allais oublier d'évoquer les dialogues que la connerie sans fonds de Carell vient sans cesse alimenter...

"Dans la cabine du tracteur, il y avait un vieux, pas loin de quatre-vingts ans, un paysan dans son bleu de chauffe, ivre mort. Malgré les odeurs de gasoil, on sentait la gnôle qui refoulait de ses ronflements.

- Vraiment, t'as cru que je l'avais tué? Moi?

- Oui, bon, ça va. T'es pas sainte Thérèse de Lisieux, non plus.

- Hé! Jamais tu touches à sainte Thérèse, t'entends?

- Ah? Et pourquoi?

- C'est pas respectueux.

- Je corrige : t'es pas Gandhi. Ca te va?

- Gandhi? L'autre nègre qu'est en taule en Afrique du Sud?

- Non, lui c'est Mandela. Et ça fait vingt-deux ans qu'il est sorti de prison.

- Quoi? Il s'est échappé?"

 

Signé Stéphane

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* Pardon, Cormac!

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