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SERENDIPITY

Twist and shoot : sur Dernière Nuit à Twisted River de John Irving - une lecture critique de Stéphane

12 Février 2011, 13:27pm

Publié par Seren Dipity

Avouons-le d'emblée, ce n'est probablement pas le meilleur roman de John Irving (je pense que Garp l'est). Mais, comme on le dit parfois d'autres grands auteurs : même un bon roman d'Irving reste une excellente lecture. irving.jpg

Ce qui est sûr, en revanche, c'est que Dernière nuit à Twisted River est du pur John Irving : on y retrouve beaucoup des thèmes et des obsessions qui nourrissent l'oeuvre de Irving. La filiation, le sexe (les fellations sont souvent dangereuses chez Irving), les ours, les mains, la lutte, le destin, etc. Et l'écriture. John Irving aime se dédoubler au sein de ses romans et cela lui permet toujours de formuler quelques remarque (im)pertinentes sur l'art d'écrire, sur la réception d'un livre. Le personnage de l'écrivain est ici assuré par Daniel Baciagalupo -mais ce n'est qu'un de ses nombreux noms dans le roman- et le lecteur le suit, vers la fin du roman, dans sa quête d'une excellente première phrase :

"Le jeune Canadien -quinze ans, tout au plus- avait eu un instant d'hésitation fatal. il avait cessé de danser sur le bois flotté du basin, au-dessus du méandre, et en un clin d'oeil il avait glissé sous l'eau corps et biens sans qu'on ait pu saisir sa main tendue."

Ce n'est pas la première fois qu'Irving s'exprime sur les débuts de roman. Il sait à quel point c'est important. La mort, la danse, la main, le bois flotté. Tout est là, déjà. Il est fort ce Irving : ce n'est pas pour rien qu'arriver presqu'au terme de son généreux roman, il nous invite à relire le début. En chemin, d'ailleurs, le lecteur aura découvert que beaucoup d'événements et de personnages marginaux sont à re-lire.

Le roman raconte la longue fuite de Daniel et de son père, après que le jeune Danny ait surpris son cuistot de papa en train de copuler avec l'opulente Jane l'Indienne : croyant au retour d'un ours légendaire, il a frappé les 120 kilos de la maîtresse effectuant sa dernière chevauchée. Dès lors il faut fuir : Jane était la femme du constable Carl et il n'aura aucun scrupule à utiliser son colt 45.

Le roman s'étale, d'une manière ample, sur cinquante années - une petite "tragédie domestique" comme Irving appelle ça. Au coeur du récit l'incomparable Ketchum, ami de Dominic Baciagalupo et de Daniel, draveur au verbe haut et à la fausse sauvagerie : sûr que ce Ketchum-là fait désormais parti des grands personnages de la grande galaxie Irving.

Suivez le guide, il vous emmènera loin -et avec beaucoup de plaisir!

 

Signé Stéphane.

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Didi 19/02/2011 19:00



J'adore Irving et mon préféré n'est pas Le monde selon Garp mais une prière pour Owen.


Son dernier bébé m'attends dans ma bibliothèque personnelle !!!