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SERENDIPITY

GOD/DOG : sur Dieu bénisse l'Amérique de Mark SaFranco - une lecture critique d'Alexandre

3 Mars 2011, 22:18pm

Publié par Seren Dipity

"Les voisins se pressent déjà contre leurs barrières pour profiter du spectacle", je les imite. Ainsi accoudé, j'ouvre Dieu bénisse l'Amérique et m'apprête à recevoir, en pleine figure, claques et retours de claques. SaFranko-dieu.jpg

Ce roman est composé de 100 courts chapitres de 2 à 5 pages maximum, presque des nouvelles qui s'enfilent comme des perles sur le fil de la vie de Max Zajack. Des récits loufoques, drôles ou tragiques, qui autant vous le dire tout de suite, demandent au lecteur de n'être ni sensible ni délicat. Les mots sont roulés dans le sang, la gerbe et l'urine avant d'être étalés sur le papier, au couteau. On n'en sort pas indemne, plutôt l'estomac noué.
Qui est Max ? Il se définit lui même, dans un autre bouquin comme "le produit du ghetto ethnique " (Trenton, New Jersey), "le rejeton de braves abeilles ouvrières qui avaient dû lutter sans répit pour leur pain quotidien, du berceau à la tombe." Et l'on suit dans Dieu bénisse l'Amérique son passage de l'enfance à l'adolescence, élevé entre un père, une mère et une famille qui redoublent d'animosité pour lui reprocher leurs vies ratées. Elevé à Trenton, la jeunesse est violente, impitoyable, l'enseignement catholique pervers et cinglé. A Trenton, les petits boulots sont ceux des exploités.
C'est un roman urbain qui traîne dans les décharges, les casses automobiles, qui met un bémol sévère à l'American Dream, avec pour contexte historique les années 50 glissant vers les années 60, vers le mouvement hippie, vers la guerre du Vietnam, dans une intolérance manifeste.
Même si ma lecture fut quasi compulsive, avant de reprendre un Safranko (Putain d'Olivia, la suite des aventures de Max...), il m'a fallu un tout petit peu de répit. J'étais excité comme une puce, bouillonnant, tant ce que je venais de finir avait été dense et intense.

Signé Alexandre.

safranko.jpgMark Safranco, Dieu bénisse l'Amérique, Editions 13è Note, traduction de Karine Lalechère.
Après Putain d'Olivia et Confessions d'un loser (13è Note)

Extrait du livre sur le site des éditions 13è Note  http://www.13enote.com/13e-note-editions.php :
 
« Le trajet de retour jusqu’à Oak Street est un supplice. Comme c’est l’été, tous les voisins se prélassent sur leur véranda en maillot de corps. Ils fument des Raleigh ou des Pall Mall, boivent la bière au goulot et pelotent les miches polonaises rebondies de leurs femmes. Ils ne lâchent pas des yeux la famille Zajack. Ces fouines puantes espèrent toujours un spectacle – et rien ne vaut une bonne bagarre, qu’on se foute sur la gueule et qu’on s’empoigne par les cheveux. Eh bien, ils vont être servis. »
Mark SaFranko, Dieu bénisse l’Amérique

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