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SERENDIPITY

Et vous, vous êtes plutôt Tchekhov, Dosto ou Tolstoï? : sur La Maison Matchaïev de Stanislas Wails - une lecture critique de Gaëlig

2 Octobre 2011, 16:16pm

Publié par Seren Dipity

Ce que j’aime avec la rentrée littéraire de cette année c’est que, contrairement aux années précédentes où deux ou trois livres s’accaparaient les projecteurs (ce n’est pas que de la faute des auteurs, les médias en sont pour beaucoup aussi), là, on entend parler de beaucoup de livres, et des bons c’est vrai… 

Mais bien sûr, il ne faut pas exagérer, on parle toujours des mêmes maisons d’éditions, et de leurs auteurs. Les « petites»  maisons, elles, peinent à faire lire leur livres aux journalistes… 

Et bien, pour les libraires, c’est pareil sauf que parfois on se pose et on se dit :  "Si Serge Safran éditeur m’a envoyé par la poste un des livres qu’il publie à la rentrée, ce serait pas mal d’y jeter un œil" … Par respect, tout simplement. 

On y va sceptique parce qu’on a jamais entendu parler de cet auteur ni de ce roman. Un des nombreux invisibles de la rentrée littéraire, donc. 

C’est donc avec un oeil tout à fait neutre qu’on ouvre...

La Maison Matchaïev de Stanislas Wails.stanislas-wails-maison-matchaiev-serge-safran-L-FBSuTE.jpeg

 

Et hop, on est happé!

Le premier chapitre est plein d’humour et de cynisme : parfait! Alors on continue, on fait connaissance d’une fratrie d’origine russe (le grand père est le premier à être venu vivre en France), deux frères et une sœur entre 20 et 30 ans, qui vivent leurs vies avec une certaine difficulté après que leur père se soit suicidé et leur aie laissé plein de dettes et la maison familiale.

On est surpris par le ton, la langue, et on se prend déjà d’affection pour les personnages, surtout il faut bien le dire, pour le plus jeune, le plus innocent et le plus léger : Joshua.

On se laisse perdre un peu dans l’enchaînement des scènes (on se croirait un peu au cinéma -ce n’est pas une surprise lorsqu’on apprend que l’auteur y baigne-), s’inviter dans l’intimité et le quotidien de ses personnages qui se rencontrent, se croisent, s’aiment et s’engueulent.

Et bien vite, on se rend compte qu’un passé familial plutôt lourd encombrent les trois frères et soeurs dans leurs vies sociales et amoureuses. Dans la deuxième partie, ils décident enfin de partir tous les trois passer quelques jours dans la maison vide pour la nettoyer, se partager les souvenirs et les meubles, avant de la mettre en vente.  Moment longtemps repoussé car douloureux certes, rempli de tension mais aussi de tendresse.

L’héritage, les racines et l’identité sont les thèmes principaux de ce roman.

Que reste t-il pour chacun quand le père meurt? Que restera-t-il quand la maison sera vendue? Malgré la « même»  éducation, ils sont différents et n’ont pas gardé en soi les mêmes souvenirs.

Dans ce premier roman, Stanislas Wails nous réjouit. Le ton lumineux (peux t-on dire d’un ton qu’il est lumineux?) et l’énergie qu’il arrive à faire passer nous laisse avide et on ne s’arrête que sous la contrainte.

Vous l’aurez compris, je le recommande vivement!

 

Signé Gaëlig.

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