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SERENDIPITY

Last exit to Sea Point : sur 13 cents de Sello Duiker - une lecture critique de Stéphane

7 Décembre 2010, 08:00am

Publié par Seren Dipity

Il faisait partie de la jeune génération des écrivains africains. Il s'est suicidé à l'âge de 31 ans.

13-cents.jpgL'ouverture du roman rappelle évidemment tous les romans (et dieu sait s'ils sont nombreux) qui introduisent immédiatement le héros par son (pré)nom :

"Je m'appelle Azure. Ah-zou-rê. C'est comme ça que ça se prononce. C'est ma mère qui m'a donné ce prénom. C'est la seule chose qui me reste d'elle."

A 13 ans dans les rues malfamées du Cap, il ne mettra pas longtemps à perdre ce dernier fil qui le rattachait un monde humain et aimant. Il devient Bleu, parce qu'il a les yeux bleus - un trait singulier qui ne lui attire pas que les regards concupiscents des pédophiles du coin mais aussi les foudres du caïd local.

Le roman nous plonge immédiatement dans le quotidien d'Azure et dans les rues du Cap, entre dealers, putains et amitiés fragiles. Son errance va le mener au bout de la nuit. Sans répit, le lecteur plonge avec Azure dans une tragédie moderne rythmée par un choeur de drum'n'bass et de rap quand elle n'est pas rythmée par la violence et le sexe monnayé. 

"J'ai les pieds douloureux, ils ont trop marché. Mes yeux me font mal. Ils ont trop vu. Et ça n'en finit jamais. Ça continue toujours."

L'efficacité du roman tient en grande partie à la fausse simplicité du texte et son côté factuel.

Le seul salut pour Azure c'est de s'élever au-dessus de la meute (belle épiphanie dans la montagne).

 

13 cents, traduit par Laura Derajinski (déjà rencontrée ici pour la traduction du roman de Warren Ellis, Artères souterraines - autre descente dans les bas-fonds de l'âme.)

 

Signé Stéphane.

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