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SERENDIPITY

Elémentaire mon cher Achille : sur Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet d'Antoine Bello - une lecture critique de Stéphane

29 Octobre 2010, 22:41pm

Publié par Seren Dipity

Achille Dunot est à la retraite, suite à un accident qui l'a laissé amnésiquagatha_christie_portrait.jpge : il a reçu sur la tête une anthologie de littérature policière! Au placard, il coule des jours tranquilles avec sa femme et son chien; des jours paisibles dont il ne se souvient pas le lendemain.

Lorsque son ancien collègue vient le trouver et lui demande son avis sur la disparition d'une jeune et belle héritière, Achille convoque les fantômes d'Agatha Christie et d'Hercule Poirot à la rescousse et se lance dans son enquête avec les méthodes de la mère du crime...

Afin de ne pas perdre le fil de l'enquête, Achille Dunot décide de consigner le récit de ses journées dans un cahier rouge, qu'il relit chaque matin suivant afin de poursuivre l'investigation.

Tout semble accuser le mari d'Emilie Brunet, volage et intéressé par la fortune de sa femme qui avait annoncé qu'elle souhaitait divorcer pour finir ses jours avec l'amour véritable en la personne de son professeur de yoga.

Mais le mari a également perdu la mémoire suite à l'interrogatoire très, très musclé qu'il a subi après une simple déposition  pour déclarer la disparition de son épouse.

Antoine Bello nous offre une petite merveille : à la fois roman policier et réflexion sur le roman policier. D'ailleurs, "un bon roman policier ne dépasse pas deux cent cinquante pages." Ca tombe bien, la dernière, merveilleuse, phrase du livre d'Antoine Bello tombe page 252. On a le droit à l'exégèse des romans d'Agatha, à des réflexions sur les 20 règles du roman policier de S.S. Van Dine, à une joute infernale sur la mémoire et le crime parfait... 

"Vous conviendrez toutefois je pense, qu'au nom d'un certain réalisme, un cinquième des romans policiers devraient se solder par la victoire de l'assassin.

J'ai admis que cela renouvellerait considérablement le genre."

Cette petite pépite est justement publiée dans la collection "blanche" de chez Gallimard (pas la "Noire") et inclue des dialogues mémorables, une mécanique parfaitement huilée et des saillies :

"Je suis obligé pour avancer de me faire confiance, quand mon métier consiste justement à ne me fier à personne."

Achille est très attachant et son nom, n'ai-je pu m'empêcher de penser, résonne comme un jeux de mots avec le nom donné à ce type de roman fondé sur l'intrigue, le whodunnit...

A la question whodunnit (who done it - qui l'a fait)?

La réponse est Dunot (dunno/don't know -j'sais pas)

Alors qui est le coupable?

Je vous dirai pas, insistez pas.

Eh puis franchement, c'est si important?

Menez l'enquête avec Achille et Bello, vous allez vous amuser intelligemment!

 

Signé Stéphane

 

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