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SERENDIPITY

De la tentation de la ruine : sur M comme Mohican de Corinne Royer - une lecture critique de Stéphane

22 Novembre 2009, 15:00pm

Publié par Seren Dipity

Je ne sais plus combien de premiers romans étaient publiés à la rentrée littéraire. Trop, c'est sûr.
Je ne sais pas combien ont échappé à ma curiosité. Trop, c'est sûr.
Je dois l'avouer, ce roman-là, je l'avais raté. Pas comme Héloise d'Ormesson qui a eu le bon goût de le publier en août.
Ce premier roman, donc, s'intitule M comme Mohican. Son auteur est une jeune femme  : Corinne Royer, qui, comme Claire, son héroine, est ce qu'un jeune homme appelle une femme mûre mais elle aime moyennement le terme et je la comprends.
Un premier roman sur la passion, le désir - faut oser, non? Je ne suis pas ironique du tout. Si il y a bien un thème casse-gueule, c'est ça, non? On est prétentieux au point de croire tout savoir. On a tout lu, tout vu sur le sujet... Que nenni, les amis. Je le dis et le répète encore : l'important, c'est pas le contenu, c'est le contenant.
Corinne Royer m'a écrit. Très gentiment, elle m'a proposé son livre à lire. Flatté, j'ai dit oui. Et voici encore un indien qui pénètre mon bureau.
Ugh!
Je n'ai pas pris la peine de lire la quatrième de couv (je crois que je les lis de moins en moins d'ailleurs) et j'ai attaqué.
J'ai été attaqué serait plus juste. Corinne Royer a de l'audace, le sens de la construction, du style (si le style de Claire - différent de celui de son ange gardien- vous déroute un peu, demandez-vous pourquoi) et de l'originalité. Ca fait beaucoup, hein? Ouais, eh bien, je confirme. Parce que l'histoire de Claire (elle renoue une liaison avec un vieil amant, vingt ans après et elle est prête à tout perdre dans cette relation) n'est pas que l'histoire de Claire. Il y a Esmeralda, son ange gardien, qui, d'en haut, offre un contrepoint tout en légèreté au plongeon de Claire, et Tomahawk, l'assistante d'Esmeralda, une indienne, jeune pour l'éternité. Entre cette plongée, de l'intérieur, dans le désir et la passion dévorante de Claire et les considérations tour à tour métaphysiques ou terre à terre d'Esmeralda, le lecteur avance dans cette histoire. Il aime avec Claire, il pense à tout perdre avec Claire et, avec Claire, il s'en fiche. C'est ça, la tentation de la ruine. C'est ça, la passion. Comme disait ce bon vieux Sigmund, derrière Eros, cherchez Thanatos.
Evidemment, le film de Wenders n'est pas loin. Comme je l'ai dit à Corinne Royer, c'est plutôt à deux films de Louis Malle que j'ai pensé : Les Amants et Fatale. Juliette Binoche en Claire... Ca serait pas mal, ça, non?
Non. Je ne crois pas. Louis Malle est mort.
Bref.
Et il y a cette question qui pourrait vous hanter : "Pourquoi le bonheur ne rend-il pas heureux?"
Alors, si vous voulez, comme moi, être surpris...

N'oubliez de visiter le site de Corinne Royer :
www.corinne-royer.com (écoutez l'interview de l'émission sur France Inter)



Signé Stéphane

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