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SERENDIPITY

De l'autre côté du miroir* : sur La Vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre et Les Amours insolentes de Loustal/Benacquista - une lecture critique de Stéphane

14 Novembre 2010, 19:31pm

Publié par Seren Dipity

L'an dernier, le roman de Corinne Royer m'avait beaucoup touché, pour des raisons littéraires et, faut-il l'avouer, un peu personnelles. Mais 000632584je rassurre mes amis, je ne cotoie pas encore les anges.

Le roman de Lapeyre m'a fait penser au beau roman de Corinne Royer. Je crois que j'avais intitulé l'article, la tentation de la ruine. Si c'est pas le titre retenu, ça devrait l'être. Et ça pourrait l'être ici aussi **.

Le roman de Lapeyre met en scène des couples qui se font, se défont. Louis Blériot est marié à Sabine. Louis attend Nora depuis deux ans. Murphy perd Nora. Sabine perd Louis. Louis perd tout. Nora perd tout. 

J'ai lu cet été un très beau roman espagnol, Savoir Perdre, de David Trueba (chez Flammarion) Comme disaient les Rita, les histoires d'a... finissent mal, en général.

Le roman de Patrick Lapeyre vient de recevoir le prix Femina. Le jury (des femmes, faut-il le rappeler) a sans doute été sensible au titre (splendide) et à la plume de Lapeyre qui fait merveille, partout où elle passe.

105233_vie_est_breve.jpgL'histoire de ces amants magnifiques qui se brûlent les ailes au contact brûlant de la passion  est emmenée par le talent de Lapeyre, qui non content de passer d'un personnage à l'autre  et, avec lui, son lecteur, il offre une langue riche en images, en scènes toute en retenue,  et en dialogues où les silences de Louis sont tonitruants. Le personnage est aussi lâche que courageux dans sa quête de l'équilibre heureux. 

 

"Blériot a renoncé à lui expliquer qu'on n'aime jamais assez et qu'il a besoin des deux - il a besoin d'elle et de Nora -, et que si par malheur il devait sacrifier l'une, il perdrait aussitôt l'autre. Comme ça se passe dans les légendes.

[...]

En se forçant un peu, Blériot serait même prêt à soutenir que tous ceux qui n'ont jamais aimé deux femmes  à la fois sont condamnés à rester des hommes incomplets."

 

Le roman est ouvert aux questionnements que le lecteur emporte après sa lecture. "Y a-t-il trop d'amour ou trop d'amoureux?" "Comment peut-on être à la fois effondré et heureux?"

A méditer, à lire et même à relire (quel luxe!).

                                           ____________________

 

Pour sortir de cette lecture troublante, je suis passé, dans la foulée, au nouvel album de Loustal et de Benacquista, Les Amours Insolentes, 17 variations sur le couple (Ed. Casterman)

 

loustal.JPG

 

D'emblée, je peux le dire Loustal est un de mes artistes préférés. Je ne vais pas vous mentir, ce n'est pas sa meilleure collaboration mais certaines vignettes et historiettes valent le détour. Peut-être qu'enchainer sur cet album après le roman de Lapeyre n'était pas la meilleure idée de la semaine, mais bon...

Comme dit Patrick Lapeyre : "Tous les hommes ont la nostalgie de ce temps énorme où la vie avait encore l'élasticité du possible."

 

________________

* Tiré du roman de Patrick Lapeyre.

** C'était bien le titre, ici.

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