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SERENDIPITY

Crépuscule d'une idole : sur Sunset Park de Paul Auster - une lecture critique de Stéphane

3 Octobre 2011, 22:03pm

Publié par Seren Dipity

 

De la fibre surréaliste ou de l'originalité des narrateurs dans les textes de PaulPaul-Auster-Sunset-Park1.jpg Auster que j'ai lus précédemment, rien n'a survécu. Sunset Park est un récit réaliste. Voici pour ma première déception. 
S'agit-il d'un roman chorale ? Plus ou moins. Si dans le squat de Sunset Park (cet îlot dérivant dans un monde qui assassine la culture, qui trahit les justes luttes et déni son histoire), les destins de quatre jeunes se croisent; Miles sort du lot. Voici pour ma deuxième déception : l'analyse des trois autres résidents illégaux n'est pas aussi fine que pour celle de Miles, il est trop dit ou pas assez.
Miles ne s'est jamais remis de la mort de son demi-frère et, comme une auto-condamnation, il se banni de sa propre histoire (le parallèle avec le squat est symbolique). Il interrompt ses brillantes études, quitte la ville sans laisser d'adresse et file de petit boulot en petit boulot jusqu'à la Floride. C'est là que le roman débute, Miles photographiant des objets abandonnés dans les expulsions massives consécutives à la crise économique.
Je dois reconnaître que ce début est très, très prometteur.
Poussé à revenir à New York, vers le squat de Sunset Park, vers son père éditeur téméraire (qui subit lui aussi la crise), Miles retombe sur les traces de son passé.

Aux pages 14 et 15, Miles et sa petite amie Pilar évoquent Gatsby le Magnfique en se demandant qui est le personnage principal du roman. Ce qui est annoncé indirectement c'est que Miles est secondaire. Au centre du roman se trouve Morris Heller, le père de Miles. Sans doute le plus authentique, le plus sincère, le plus émouvant. "L'homme aux boîtes" qui souffre de l'absence imposée par son fils et observe dans l'ombre son parcours.
Comprenant ceci, on lit un roman sur la souffrance des pères pour leurs enfants héritant une société qui a substitué la violence à l'espoir. Appréhendé ainsi, ce roman prend de la hauteur et permet au lecteur de dépasser de trop longs passages sur le base ball (entre autre).

 

Signé Alexandre

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Je trouve l'analyse d'Alex très juste sur Sunset Park. Je le rejoins moins dans son sentiment.
J'ai aimé ce dernier Paul Auster même s'il n'arrivera pas à égaliser Moon Palace que j'ai lu il y a des années et qui reste encore bien ancré dans ma petite tête.
J'ai eu un peu peur au début. Je le trouvais un peu "facile" (surtout dans la décision de Miles d'aller à Sunset Park et la relation de Miles et Pilar un poil trop superficielle.).
Le personnage du père est très touchant. Les autres personnages aussi finalement. C'est le truc d'Auster aussi de faire vivre des personnage simplement, avec leurs difficultés.
Pour être sincère c'est la toute fin qui me perturbe depuis que je l'ai terminé, il y a de cela une bonne semaine (et je trouve que c'est bon signe). Paul Auster avait plusieurs possibilités de finir le livre et il me semble qu'il a choisi la plus pessimiste. Pour autant, j'ai l'impression que cette fin donne une dimension plus forte au livre. Pleine de sens. Il y a des guerres qu'on ne gagne pas. Parfois, il n'y a pas d'espoir. Il faut l'accepter.
Je n'ai pas eu de gros coup de cœur pour Sunset Park, il y a trop de petites choses que j'ai trouvé posées alors qu'elles auraient pu être plus creusées. Il faut dire que je venais de finir Freedom de Franzen qui pour le coup excelle dans l'art de peindre les menus traits des personnages...
Voilà pour mon avis. Un bon roman de Paul Auster parce qu'il se lit bien, qu'on prend quand même du plaisir. (Non, les passages sur le baseball ne m'ont pas paru trop long, comparés, par exemple, à Netherland de O'Neil sur le cricket... Tu devrais le lire Alex, tu m'en diras des nouvelles ;) )

 

Signé Gaélig

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Je ne suis pas allé au bout de Sunset Park*. C'est la première fois que Paul Auster m'abandonne en chemin. Quand Alexandre m'a écrit pour me dire qu'il ne ferait sans doute pas d'article sur Auster, je me suis dit, Fichtre, il est tout de même allé au bout, lui! Et dans la foulée, j'ai décidé que  je n'irai pas.
Paul Auster et moi, c'est une longue histoire alors forcément, j'ai eu des scrupules et un pincement au coeur (la voix d'Hyppo résonne : "Tu viens pour te faire larguer et tu voudrais que ça soit propre? C'est jamais propre!"**) C'est, avec Maupassant, l'auteur que j'ai le plus lu. Un mémoire de maîtrise sur les débuts de roman en utilisant Paul Auster pour illustrer le propos, forcément, ça implique pas mal de lectures et de re-lectures. Je l'aime beaucoup Paul Auster. J'aime son côté glacial, matière grise; j'aime son écriture minimaliste (descriptions? des scriptures réalistes? des scriptions! que nenni!), j'aime son côté ludique (un nom n'est jamais un nom chez Auster) et j'aime son côté magicien du récit*** (combien d'auteurs vous résument, en ouverture, le livre que vous allez lire?)

Mais là...
Ca n'a jamais pris. Ni touché par les personnages (ou si peu), ni intrigué intellectuellement - je suis resté à l'extérieur de Sunset Park, comptant, par jeu ou par ennui, toutes les occurrences de destruction, morceaux et autres miettes que je trouvais dans le roman. Paul, avais-tu prévu la fin de notre idylle****? Ces miettes étaient-elles tout ce qui restait?

 

Mais plus j'y réfléchis et plus je considère l'idée de reprendre Sunset Park et d'aller au bout. Par fidélité, par amour et, peut-être, par hasard...

 

Signé Stéphane.

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* D'où le titre de l'article, clin d'oeil au titre du roman mais certainement pas à Onfray.

** Un Monde sans pitié, d'Eric Rochant. Cité de tête...

*** Allusion au titre d'un livre de Chénetier (?) sorti quand Auster était au programme de Capès d'anglais, The Wizard of odds - jeu de mots lié au hasard dans l'oeuvre d'Auster.

**** J'ai rencontré Paul Auster, en vrai, il y a un an et demi. Nous avons discuté quelques minutes. Depuis.?.?. D'où cette interrogation, pas si folle : Paul Auster était-il un mythe (ie. des mots)?

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windows xp customer support 10/07/2014 14:47

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