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SERENDIPITY

DANS MON SAC D'ECOLE (la rentrée littéraire comme si vous y étiez...)

13 Août 2009, 21:57pm

Publié par Seren Dipity

Eh oui, il faut, malgré tout, en parler. Subir les annonces fracassantes, suspecter les arnaques, éponger les larmes de déception. C'est ça la rentrée littéraire. Ca et beaucoup de manutentions : réceptionner tout ce petit monde, faire des retours dans les livres du printemps et  de l'année écoulée. Un livre nouveau chasse un livre ancien. C'est triste. Bien sûr, on n'est pas obligé. Mais vous connaissez beaucoup de magasins de jouets qui refuseraient les nouveautés à Noël? C'est un peu pareil. On a besoin de nouveaux jouets.

"Oh, regarde maman, un nouveau Nothomb!
_ Tu en as déjà dix pareils, enfin...
_ Mais oui, mais c'ui là, il est nouveau...
_Ah, oui, t'as raison : elle a changé de chapeau!"

Un jour, Amélie, on en sera là. Comme pour Danielle Steel : on regardera la photo en quatrième de couv' pour voir le temps qui passe : ici un nouveau bijou, là une nouvelle ride... (je suis méchant, évidemment... d'ailleurs le prochain Nothomb -Le Voyage de l'hiver- est le seul roman chez Albin avec une photo -studio Harcourt, excusez du peu! : tous les autres retrouvent une formule plus classique)

Bref.
Donc la rentrée est là, toute proche. On n'a pas encore digéré la précédente qu'il faut commencer à goûter du bout des lèvres la cuvée 2009. Gare à l'indigestion, les amis. Dieu merci (ou plutôt Bacchus merci), c'est comme la dégustation du vin : on peut recracher après avoir tester. C'est même recommandé.
Crachons donc.


C'est parti :


Et comme une nouvelle saison de footeux, on a le droit à quelques transferts (j'ai failli écrire transfuges -comme quand on passe à l'ennemi, ou quand on le quitte, enfin bref, y a un peu de trahison) :

 

PPDA - non content d'avoir quitté le JT de TF1, a aussi quitté Albin Michel pour Grasset. Enfin, quitter, c'est pas le mot. C'est un peu comme moi : on dit que j'ai quitté mon ancien poste. C'est lourdé qu'il faudrait dire. Moi c'était le 31 décembre au petit matin, le jour du réveillon : la classe internationale... Après ça, qu'on ne vienne pas me vanter les mérites humains des petits commerces. Bref. PPDA passe donc chez Grasset et, comment dire... on s'en fout un peu. Pas lui, pas eux -donc il fallait le préciser.

 

Pascal Quignard passe au Seuil après Grasset. Comme dirait George C., "what else?"

 

Autre transfuge que nous aimons : Thomas Lélu passe chez Flammarion après ses péripéties chez Léo Scheer (le génialissime Récréations (2003) avait ouvert la voie, "vers l'infini et au-delà" de l'avant-garde débile) Thomas : où que tu sois, nous te suivrons.

Parions qu'un jour, dans mille ans, ses oeuvres seront étudiées. Les poules auront vraiment des dents et boufferont des hamburgers jusqu'à l'overdose. Ca arrivera : j'en ai rêvé.

Ce qui est bien aussi avec la rentrée littéraire c'est qu'on y retrouve des connaissances. Vous vous souvenez, au collège ou au lycée, comme vous étiez contents de revoir des potes presque oubliés le temps d'un été. C'est un peu pareil. Pendant un instant, on les aime toutes -ces personnes dont on avait oublié jusqu'à l'existence.
Evidemment, il y a l'inévitable Amélie Nothomb, précise et régulière comme un calendrier de la Poste. C'est presque ça le problème d'Amélie Nothomb (comme le Lévy, le Musso annuel) : elle nous rappelle que le beaujolais nouveau va bientôt arriver. C'est tout. On ne se demande pas si les fruits sont mûrs (ou pourris : c'est comme ça qu'Amélie les mange), on récolte. Pas de surprise, pas de soleil tardif qui pourrait changer la donne. Pas de retard. Rien. C'est le 20 août, faut y aller. Rassurez vous, comme tous les ans, on nous promet un "bon" Nothomb.
J'aime pas le beaujolais. 
On va retrouver aussi notre Truman Capot à nous, Beigbedder. Qui revient avec, apparemment, une oeuvre plus personnelle qui commence sur un capot (d'où le surnom) de voiture pour se poursuivre chez les flics. "Liberez moi ou je fais un livre sur tout ça!".
Et il l'a fait, le bougre. Je vais lire ça cet été, je vous en dirai plus... Si j'arrive à aller au bout (ce qui n'est pas toujours le cas)

Bacchus merci encore, on échappe à Angot, cette année. Faut dire que le flop de l'an dernier fut assez sévère. Suffisamment pour plomber les finances du Seuil quand même... Plutôt que d'acheter des conneries pareilles, les gens feraient mieux d'envoyer un chèque à l'éditeur.

Côté chiffres, c'est le même bazar que les années précédentes -à quelques unités près. On annonce 430 romans français pour 229 romans étrangers. A la louche, ça nous donne encore quelques milliers d'exemplaires pour nourrir Maître Pilon. Il est devenu obèse, le pauvre :

Mais cessons là notre mauvaise foi, on a quand même des bonnes nouveautés pour tous et des livres qui nous intriguent. Les voici, en vrac :

A domicile :
_ Samuel Benchetrit -transfert de chez Julliard pour Grasset
_ Beigbeder - toujours chez Grasset, toujours énervant, toujours talentueux
_ François Beaune - un premier roman dont on commence parler : Un Homme louche (Verticales)
_ Brice Mathieussent - premier roman chez POL, mais comme on le dit du graphiste Massin : on a tous un Mathieussent chez soi. Pourquoi? Parce que cet homme est un des grands traducteurs de langue anglaise. Son roman a pour titre Vengeance du traducteur, étonnant non? Depuis toujours je dis qu'il faut se méfier des notes de bas de pages... L'incipit : " * Je loge ici sous cette fine barre noire."
_ Iegor Gran, toujours chez POL, signe Thriller mais méfiez vous ce n'est peut-être pas un thriller...
_ Nicolas Fagues, Le Roman de l'été sort, en retard (?!), chez POL également.
_ Martin Winckler, endeuillé par la fin de la série Urgences à la télé, sort Le Choeur des femmes (POL)
_ Delerm sort enfin quelque chose qui pourrait m'intéresser, au Mercure de France : Quelque chose en lui de Bartleby. Jusqu'à maintenant quand on me demandait si je voulais lire Delerm, je répondais I'd prefer not to.
_ Toussaint et Mauvignier seront là, fidèles à Minuit.
_ Jean-Yves Cendrey est passé chez Actes Sud. Céline Curiol, Arditi, Trouillot, Ladjali y sont restés.
_ Albin Michel a une rentrée assez prudente puisqu'elle ressemble à une de leurs précédentes rentrées : Eliette Abécassis, nothomb, Sylvie Germain, François Bon, Pavloff. C'est déjà pas si mal, diront certains.
_ Alain Fleischer continue son tour de france des éditeurs : il est, cette année, au Cherche Midi.
_ Véronique Ovaldé, toujours à l'ombre de L'Olivier, publie Ce que je sais de Vera Candida.
_au Seuil on retrouve Lydie Salvayre pour son roman portrait de BW (Bernard Wallet, fondateur des éditions Verticales. A ses côtés, Eric Holder, Pavel Hak et Vincent Message (1er roman qui devrait créer son petit buzz, Les veilleurs)
_Stock a misé sur ses auteurs (plus ou moins) connus : Brigitte Giraud, Philippe Routier, Anne Plantagenet, Bernard Chapuis et, leur plus gros tirage, Justine Lévy avec Mauvaise fille. Le rapport entre gros tirage et mauvaise fille n'est que coincidence de mauvais goût.
_ Gallimard offre encore une belle rentrée : Marie Ndiaye, Foenkinos, Péju, Wiazemsky, Mathieu Terence et Yannick Haenel, avec son Jan Karski.
_ Saphia Azzeddine revient après Confidences à Allah : Mon père est femme de ménage (toujours chez Léo Scheer)

Les oublis sont parfois volontaires...

Chez les visiteurs :

_ Joseph Boyden (deuxième volet de sa trilogie commencée magnifiquement  avec Le Chemin des âmes, Albin Michel)
_ toujours chez Albin, un titre qui intrigue : Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre, de Brock Clarke. Plus tard, on aura un nouveau Pat Conroy et un Sandor Marai (octobre)
_ Dave Eggers (Le Grand Quoi, Gallimard) précèdera un nouveau Philip Roth et un nouveau Richard Bausch que je vous invite à lire si vous ne l'avez jamais fait.
_ Belfond nous offre un nouveau Colum McCann. C'est toujours une bonne nouvelle. Même un mauvais McCann reste un bon roman... Et que le vaste monde poursuive sa course folle.
_ L'Olivier a encore une fois une rentrée étrangère des plus excitantes : Joseph O'Neill avec Netherland dont la promotion est assurée par Obama himself, Alice Munro (souvenez des Fugitives) et Charles Bock (élève de Rick Moody) avec Les Enfants de Las Vegas.
_ Flammarion récupère James Frey avec LA Story L'auteur avait été malmené aux States après qu'il ait avoué avoir menti dans Mille Morceaux. Prendre des drogues, c'est pas bien mais mentir c'est pire...
_ Laffont va casser la baraque avec le nouveau Ruiz Zafon. Mais aussi un nouveau Margaret Atwood, Quentin Tarantino et une ré-édition de Salinger...
_ Buchet répond aux attentes de beaucoup en publiant le nouveau Tarun T.Tejpal, Histoire de mes assassins.
_ Lydia Millet est la première femme a rejoindre le groupe du Lot49 de Claro avec Le coeur est un noyau candide. En octobre, il y aura un nouveau Gass.
_ nos amis de Gallmeister publie deux romans : Tom Robbins (Comme la grenouille sur son nénuphar) et John McPhee (Rencontres avec l'archidruide)
_ belle rentrée pour Métailié avec Wu Ming et son Manituana (on en reparlera), Le Cercle des douze de Pablo de Santis et L'Etoile rouge et le poète d'Alicia Dujovne-Ortiz.
_ Sonatine publie le nouveau Ellory (Vendetta) et un premier roman, Dernière sortie avant l'autoroute de Craig Ferguson

C'est sûr, j'en ai encore oublié. Désolé. Le jour où on aura une rentrée raisonnable de 200 bouquins, je présenterai tout le monde. Bacchus merci, c'est pas pour demain.
Vous devriez retrouver quelques-uns des livres annoncés ici dans les prochaines rubriques de lecture des membres de Serendipity.
A suivre donc.

Signé Stéphane.

 


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