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SERENDIPITY

A hard day's night : sur Coyote crossing de Victor Gischler - une lecture critique de Stéphane

29 Mai 2013, 08:37am

Publié par Seren Dipity

Ca pourrait s'intituler Nuit d'enfer à Bouseville, Un Grateux chez les Mafieux, Du Redbull et des Rednecks. Bref, ça pourrait être un film de Tarantino.

Ca débute terriblement bien, comme ça :

"Je simulai une toux et recouvris ma bouche de la main pour dissimuler un sourire. Je savais que ce n'était pas drôle, vraiment, mais le regard stupéfait dans le visage mort de Luke Jordan m'avait pris au dépourvu."

 

Toby Sawyer est le roi de la lose : un avenir de musicien réduit à rien, une vie de mobile homes "miteux qui attendaient tous qu'une tornade déboule pour mettre fin à leur misère", une fille engrossée devenue sa femme, une jeune maîtresse sur le départ, un retour au bled natal où la seule lueur est ce bout de métal en forme d'étoile qui brille peu sur ton tee-shirt Weezer...

Ah si! il a son fils, jamais aussi aimé que lorsqu'il dort. Bref, la lose.

Appelé à minuit sur la scène d'un meurtre il est chargé de surveiller le cadavre. Pas glorieux et plutôt chiant. Il décide d'aller faire un tour chez, et dans, sa maîtresse, histoire de tuer le temps... Sauf qu'à son retour, le cadavre de cet abruti de Luke Jordan n'est plus là. Et ce n'est que le début des emmerdes pour Toby Sawyer. Le reste de la nuit, il ne va pas tuer que le temps.

Quand il découvre un collègue participant au passage illégal de clandestins, il sent que des choses lui échappent... quand il plante une hache dans le cou de ce même collègue, là il sait que ça merde vraiment...

Emaillé de scènes d'action dignes de western, Coyote Crossing (The Deputy en v.o., avec une traduction de Frédéric Brument, traducteur de Robert Benchley, c'est dire!) fonce à 200 à l'heure. Il ne freine pas dans les virages. Fichtre que ça fait du bien, un tel rythme!

Au détour d'un cadavre ou d'une scène savoureuse, il trouve malgré tout le temps d'évoquer ce genre de "ténébreux néant intersidéral qu'était l'Oklahoma" et la petite vie de ses habitants."Certains resteraient dans le coin et feraient des bébés demeurés cent pour cent bouseux d'Oklahoma; d'autres partiraient tenter leur chance dans le grand monde et s'en prendraient plein la gueule. Je me sentais triste pour eux, mais je savais très bien ce qu'ils pensaient. Ils me regardaient en se disant que, une fois partis de ce bled, eux ne reviendraient jamais.

Je me sentais triste pour moi aussi, car j'étais revenu."

Nos pauvre anti-héros tente malgré tout de se faire une place dans ce monde, dans ce bled, au milieu d'une "armada de crétins" lancés à ses trousses. Sera-t-il à la hauteur? Découvrez le dans cette version déglinguée de "Shérif, tu m'fais pas peur!"

 

Signé Stéphane

 

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