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SERENDIPITY

Bang bang* : sur Ne reste que la violence de Malcolm Mackay - une lecture critique de Stéphane

3 Décembre 2014, 14:35pm

Publié par Seren Dipity

Le premier tome de la trilogie de Glasgow de Malcolm Mackay reste une des grandes révélations de l'année 2013. Il faut tuer Lewis Winter, ICI, avait été suivi, la même année, par Comment tirer sa révérence, ICI.

Ne reste que la violence vient clore cette excellente trilogie. Toujours magnifiquement traduit par Fanchita Gonzalez-Batlle qui m'avait gentiment écrit pour me remercier de l'avoir évoquée. Merci à vous, pour cette traduction et nos petits échanges. 

Ça débute comme ça : 

"Il ne comptait pas rester aussi tard à son bureau."

Le comptable de Shug (petit truand qui veut voler plus haut et plus grand) va être exécuté par Calum. Ça sera son dernier contrat, après ça, basta, il quitte le circuit. La ville, son métier. Tout.

"Après n'importe quelle intervention on risque l'arrestation. Cette menace est dépassée. Cette fois-ci il y en a une nouvelle, qu'il n'a encore jamais connue. La menace vient de ses propres employeurs. Ils ne vont pas l'arrêter. Ils ne vont pas faire en sorte qu'il ait un avocat au moment de la sanction. Ils vont faire ce qu'ils font toujours quand quelqu'un tente de décrocher sans permission. Quelqu'un qui en sait trop. Ils lui mettront une balle dans la peau."  

Comme n'importe quelle bonne trilogie, si vous n'avez pas lu les deux premiers tomes, vous donner un résumé de Ne reste que la violence n'aurait pas trop de sens. Pour être honnête et clair, je pense même que cela serait une grosse ânerie dangereuse. L'univers de Malcolm Mackay contient un certain nombre de personnages (tueurs à gages, policiers, policiers véreux, chefs d'organisation, petits malfrats, dealers et magouilleurs minables, etc)

Si vous arrivez dans le Glasgow de Mackay par ce troisième tome, vous risquez de vous perdre. D'échouer dans des rues sombres. Faire des mauvaises rencontres. Vous faire tuer. Finir sous terre, dans une bâche, ou sous l'eau.

Non, il faut commencer par le début, Il faut tuer Lewis Winter. Par l'entrée dans l'arène de Calum. Continuez avec Comment tirer sa révérence et la sortie de Frank MacLeod. Vous arrivez alors dans le finale grandiose : The Sudden arrival of violence dans le titre original.

Alors qu'est-ce qui fait de la trilogie de Mackay, une trilogie exceptionnelle? Après tout, ça se joue sur quoi? L'intrigue, les personnages, l'écriture. Ne reste que la violence annonce la couleur rapidement. On attend la tragédie. Tout est place pour ça. La mécanique de Mackay est implacable. Mais, comme Calum, on veut y croire. Et la situation est complexe, les enjeux dépassent la fuite du "premier couteau".

Les personnages gagnent en épaisseur, les seconds rôles trouvent la lumière pendant que Calum cherche l'ombre.

Et puis l'écriture. L'immense talent de Mackay, c'est son écriture. Comme Calum, elle est concentrée sur l'essentiel, sur la mission. Pas de fioritures, pas de gras, taillée à la hache. L'ascèse de Calum est à l'image de celle de Malcolm Mackay.

Puissante, efficace, exemplaire.

Signé Stéphane.

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* Nancy Sinatra

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