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SERENDIPITY

Я тебя люблю : sur Le dernier amour du président d'Andreï Kourkov - une lecture critique de Pierre

12 Novembre 2014, 19:07pm

Publié par Seren Dipity

Ukraine, 2015, Sergueï Bounine est le Président de la République d'Ukraine. Il doit faire face à différents problèmes, avec une santé délicate, une opération du cœur et des choix d’alliances politiques difficiles. Comment est-il devenu président alors que rien ne le prédestinait à ce poste. Il se remémore sa jeunesse pendant les années 80, puis sa vie d’adulte années 2000, et enfin sa période de présidence en 2015.

Les années 80, dans la lourdeur et la parano d’un monde en mode « soviet » , une mère qui s’arrange avec un système pourri. Son frère jumeau qui se fait interné, peut-être pas si fou que l’on veut le croire, le vieux David Isaakovitch, qui vit dans sa cabane au milieu du Dniepr.

Les années 2000, avec son lot de femmes et d’amis, et surtout la perte de ses jumeaux à la naissance.

Les années 2015. Son arrivée à la présidence avec son lot de collaborateurs plus ou moins mafieux. Comment gérer un pays miné par la corruption et l’argent sale? Face à des ennemis aussi forts que le Pape de l’énergie qui s’apprête à augmenter les prix de l’électricité et qui va plomber les classes pauvres du pays, à des médecins corrompus qui lui ont implanté une puce durant son opération du cœur.

Les personnages principaux :

Kolia Lvovitch, l’adjoint du président, retors mais fidèle.

Nilotchka, la fidèle secrétaire.

Le père Vassili et le vieux David Isaakovitch dont la fille et la femme sont parties en Israël puis revenues.

Le frère Dima, fou peut-être ?

Les sœurs Katia et Svetlana qui vont épouser les deux frères.

Et plein d’autres ….

Extraits :

« Jamais il n'y aura de nouveau bordel parce que le vieux, le bordel actuel, est éternel. Autrement, il faudrait qu'il y ait des gens nouveaux. Et il n'y en aura pas. Si un nouveau se présente, avant de le laisser arriver jusqu'ici, on lui fait subir un usinage spécial, on lui rabote tous les reliefs, tout ce qui dépasse, on lui éradique du cœur et de la tête tout ce qu'il y a de courage et de détermination, on lui atrophie le sens de l'humour. Il ne lui reste plus qu'un vague instinct de conservation et une soumission agressive. »
« C'est une chose terrible que la politique. Elle vous appâte lentement, vous tire doucement vers le haut, sous la coupole, sous les feux des projecteurs. Et elle vous y laisse, sous cette coupole, tout seul. Ou presque. Et sur un fil. Et des millions de regards curieux vous suivent d'en bas : alors, il va se rompre l'échine ou il va réussir à tenir? »

« Il est bien plus facile d'aimer un petit enfant qu'essayer d'aimer tout un pays. C'est plus facile et plus agréable, sans parler de l'amour que vous rend d'habitude un enfant. À la différence d'un pays."

« Un pays riche, c’est un gouvernement pauvre. Un gouvernement pauvre, c’est un président pauvre, des voitures d’escorte à bon marché, des mauvais avions présidentiels, et, au bout du compte, la perte du respect qui vous est dû de la part des collègues de la carte politique du monde. »

 

Et aussi :

 

Ukraine, pays en guerre.

Mais qui connaît Pavlik Morozov ?

C’est quoi un « morse » ?

Fête des Morses, le 7 Février. Oups...

Les morses sont les russes qui font un trou dans la glace pour se baigner.

La meilleure Vodka du monde, c’est une vodka Ukrainienne : La «  Lex »

 

                             Et si …

A mon humble avis :

Prémonition d’un écrivain de talent écrite en 2006 et pourtant si proche de la réalité (mis à part la révolution Orange). C’est le parcours d’un homme hors du commun et c’est aussi l’histoire d’un pays méconnu. La force du roman  est bien là, en mêlant fiction et histoire réelle. Ce président qui n’oublie  pas d’où il vient, lucide avec lui-même et avec les ratés de son pays. La gestion d’un état qui garde encore la marque du grand frère russe. Mais cette histoire est aussi celle de «l’homo-soviétique »  entre tendresse et brutalité, entre lucidité et rêve d’un monde meilleur. Alors bravo! Et, à lire, évidemment.

Signé Pierre

 

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