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SERENDIPITY

Tu m'haines? : sur Une putain de catastrophe de David Carkeet - une lecture critique de Gaëlig

29 Mai 2014, 16:03pm

Publié par Seren Dipity

 L’agence Pillow vient en aide aux couples mariés. Notre spécialité : les mariages souffrant de troubles linguistiques. C’est là que nos linguistes relèvent leurs manches et se mettent au boulot. Ils investissent littéralement le mariage. Les Wilson sont dans une impasse linguistique.Vous, Jeremy, vous investirez leur mariage. Vous allez, pour ainsi dire, bivouaquer sur leur champ de bataille conjugual.

- Seigneur! s’exclama Cook. Je préfererais conduire un camion chargé de nitroglycérine. »

Et pourtant, Jeremy, notre cher Jeremy Cook, notre héros inoubliable du précédent roman de l’américain David Carkeet Le linguiste était presque parfait, va se retrouver catapulté chez les Wilson, à suivre les faits et gestes et surtout les mots de Dan et Beth ainsi que de leur enfant Robbie.

A l’aide du très spécial « Manuel Pillow », concocté par Roy Pillow, le fondateur de l'Agence éponyme et sacré personnage, Jeremy va tantôt s’embourber, tantôt réussir à relever le défi qui lui a été lancé.

L’humour à l’anglaise de l’américain Carkeet est semé tout au long du roman tel une pluie de confettis dans cette maison où prises de tête banales, disputes et malentendus entre Dan et Beth se font plutôt à un rythme soutenu, preuve qu’il était temps qu’ils fassent appel à de l’aide.

De là à recourir à un linguiste, et de surcroît à Jeremy Cook -le loser de la relation humaine et encore plus amoureuse-, ça, on peut en douter!

Il n’empêche que ces situations cocasses révèlent beaucoup de vérité quand aux relations de couple aujourd’hui.

Au bout du compte, la communication étant bien ce qui a tendance à pêcher dans les relations humaines, avoir un linguiste à la maison pour travailler sur la façon de communiquer ensemble ne semble plus si inongru!

Ce roman se savoure, tant grâce à la langue, à l’humour, mais aussi tout simplement à la force romanesque que Carkeet a réussi à insuffler à l’histoire.
Tout tient debout, on y est, chez Les Wilson, dans un quartier résidentiel de Saint-Louis, Missouri. Dan, Beth et leur fils Robbie sont plus vrais que nature, et on suit Jeremy dans son travail, mais aussi dans son cheminement personnel.

Que vous ayez lu ou non Le Linguiste était presque parfait, ICI et LA, pas de soucis, vous retrouverez ou découvrirez Jeremy, cet homme un peu mystérieux, asocial, qui déteste manger comme il déteste les gens et qui se réfugie dans les méandres de la linguistique, complexe et (plus ou moins!) pertinente .

Une comédie burlesque truculente et savoureuse avec pour toile de fond les relations humaines… et la linguistique, of course!

« Basil : es-tu marié?

Zorba : Ne suis-je pas un homme? Un homme n’est-il pas stupide? JE suis un homme, alors je suis marié.

Femme, enfants, maison – tout.

Toute la putain de catastrophe. »

Zorba le grec (film de Michael Cacoyannis en 1964, adapté du roman de Níkos Kazantzákis Aléxis Zorbás)

Signé Gaëlig.

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Stéphane 03/07/2014 21:41

Lire les 4 pages d'entretien ans le Magazine Littéraire :
http://gallery.mailchimp.com/24d888aff4574960848e67ccf/files/c308d39e-7f49-4b93-802a-be78d4a4b71c.pdf