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SERENDIPITY

Come talk to me* : sur Les Conversations d'Anna Lisbeth Marek - une lecture critique de Pierre**

7 Mars 2014, 11:07am

Publié par Seren Dipity

Magda est une vielle « dame » qui vient de perdre son mari. Née dans les années 20, elle se souvient avec lucidité. Prune, sa meilleure amie, connue sur les bancs de l'école avec qui elle avait ces « conversations ». Prune « la juive » qui est partie un jour sans jamais revenir. La vie sous l’occupation, ses espoirs et ses déceptions.

Dès leurs premières rencontres en 1929, elles deviennent des amies inséparables comme le sont les amitiés de jeunesse fortes et indéfectibles.

Mais c’est une époque difficile qui approche, la guerre, la montée de l’antisémitisme, la France occupée. Prune s’engage en rejoignant les éclaireurs israélites pour un « scoutisme de religion » quand Magda, elle, se tient informer en devenant lectrice assidue de journaux et en poursuivant ses études avec ferveur.

La guerre les sépare en l’année 42, elles ne se reverront plus.

Extraits :

« Ma vie ne fut qu'un fatras d'à-peu-près, un sillon linéaire et fiable creusé dans la chaux»

« Moi qui croyait tout connaître de toi, je n’ai rien vu venir »

Quand les lois antijuives apparaissent « Le filet se resserre, jusqu’ou nous tordra-il »

Les personnages:

Magda, la narratrice, vielle femme qui se repasse le film de sa vie.

Prune, de son vrai non Sarah Jeanne, l’amie qu’elle n’oubliera jamais.

Henri, le mari.

Et aussi :

Réécouter le concerto en Ré majeur de Haydn.

A mon humble avis

Un livre doux-amer sur l’amitié, la famille, les non-dits, avec pour fond une époque bien triste. C’est tout le talent de l’auteur de nous faire entrer dans la vie de cette vielle dame enragée. Même si on trouve parfois quelques longueurs on ne peut que se laisser emporter par la voix. Un petit livre qui mérite bien son prix ( Landernau). A lire absolument, bien sûr.

 

Signé Pierre

___________________

* Peter Gabriel, avec ce qui semble être un âge d'or des concerts : l'époque où les spectateurs allumaient leur briquet plutôt que leur portable.

** Lire aussi le papier de Cornélia, ICI.

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